Savoie : Déraisonnable ou nécessaire, un projet de canons à neige fait débat

La station de ski savoyarde de La Féclaz a pour projet d'installer des canons à neige pour s'assurer un manteau neigeux tout l'hiver mais ce choix ne fait pas l'unanimité.

Article rédigé par
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min.
Des enfants dans la station de ski de La Féclaz (Savoie) pendant les vacances de février 2021. (ALAIN GASTAL / RADIOFRANCE)

Chaque année le changement climatique confronte les stations de moyenne montagne à une raréfaction de la neige. Certaines stations se posent ainsi la question d'installer des canons à neige, coûteux en eau et en énergie, mais qui assurent un tapis blanc tout l'hiver. Un projet de ce type est bien avancé à la station de La Féclaz (Savoie), située à environ 1 500 mètres d'altitude, non loin de Chambéry. 

Pour les commerçants de la station, la saison s'annonce morose. Paradoxalement, la neige est présente en abondance cette saison. Les parkings débordent mais la fermeture des remontées mécaniques rend impossible le ski alpin et prive donc les commerçants de la clientèle la plus lucrative. 

Des emplois en jeu

Afin de garantir de meilleures saisons dans les années à venir, les élus locaux, le département de la Savoie et la région Auvergne-Rhône-Alpes prévoient donc d'installer des canons à neige. "Ça permettrait de nous sécuriser pendant une quinzaine d’années, investir sur l'été et lisser nos saisons", assure Nicolas Guettaz, le patron des commerçants de La Féclaz.

Les commerçants de la station représentent 250 emplois directs et 10 à 15 millions d'euros de chiffre d'affaires, selon les saisons, indique Nicolas Guettaz.

Déraisonnable selon plusieurs associations

Les futurs canons à neige seront alimentés par une retenue collinaire, un petit lac grand comme deux terrains de football, qui puisera l’eau d’une rivière souterraine. "Nous avons requantifié la disponibilité de cette ressource pour s’assurer de prélever le juste minimum pour pouvoir garantir le maintien d’un débit suffisant en aval, assure Daniel Lafaverge, auteur de l’étude d’impact. On est certain que l’eau ne manquera pas".

L'explication ne convainc pas plusieurs associations, pour qui cette opération n'est pas adaptée. Elles ont déposé plusieurs recours devant le tribunal administratif mais ont, jusqu'à présent, été déboutées. Le canon à neige est "une solution très coûteuse en fonds publics et pas pérenne", juge Daniel Appel, de l'association Les amis de la Terre. "La montagne est particulièrement impactée par les effets du changement climatique, explique-t-il. Les scientifiques le disent, le changement climatique est deux fois plus rapide dans les Alpes que sur tout l’hémisphere Nord. Il y a des problèmes d’eau, de température, de quantité de neige qui tombe de moins en moins années après année".

En définitive, l'association juge déraisonnable de vouloir à tout prix faire du ski à 1 500 mètres d'altitude.


 

Commentaires

Connectez-vous à votre compte franceinfo pour participer à la conversation.