Pour faire revenir les clients à Paris, plus de 1 000 commerçants s'unissent pour lancer le jeu "Les jours parisiens"

Ils espèrent redonner envie aux clients de fréquenter leurs commerces, désertés le samedi depuis le début du mouvement des "gilets jaunes".

La présentation de l\'opération Les jours parisiens.
La présentation de l'opération Les jours parisiens. (ERIC LE MITOUARD / MAXPPP)

Du jamais vu à Paris. Les commerçants, grands comme petits, s'associent le temps de l'animation "Les jours parisiens", vendredi 14, samedi 15 et dimanche 16 juin. Il s'agit d'un vaste jeu d'énigme à travers toute la capitale pour redonner envie aux clients de fréquenter les commerces de la capitale. Car depuis novembre dernier et le mouvement des "gilets jaunes", ils sont en berne.

Les commerçants parisiens s'en étonnent eux-mêmes. D'ordinaire concurrents, ils ont cette fois réussi à s'accorder en un mois seulement. En tout, plus de 1 000 commerces indépendants et une quarantaine de grandes enseignes ont rejoint l'opération avec l'objectif de faire revenir les clients dans les boutiques. L'idée d'un jeu s'est alors imposée, raconte Cécile Guillou, directrice générale exécutive de Franprix, co-organisatrice. "Nous discutions du chiffre d'affaires qui est en difficulté, il faut le reconnaître, et en particulier le week-end. D'où l'idée de s'unir lors d'un grand week-end festif et commerçant. Nous avons envoyé des textos aux directeurs généraux qu'on connaissait, qui ont relayé ça auprès de leurs connaissances et l'effet boule de neige s'est produit très rapidement", raconte-t-elle.

"C'est un grand jeu accessible à tous, en ligne, 100% gratuit et 100% gagnant", poursuit-elle. Une fois inscrit, il s'agit ensuite pour le consommateur de répondre à cinq énigmes, et de les valider en scannant un QR Code affiché à l'entrée d'enseignes parisiennes. "Je pense qu'il est grand temps que le monde des commerçants s'unisse un peu plus et que nous gagnerons cette bataille du commerce en centre-ville ensemble, et pas les uns contre les autres", estime Cécile Guillou.

"On a su fédérer autour d'une initiative qui ne tourne pas autour du prix"

À Paris, où un emploi salarié sur quatre est dans le commerce et l'hotellerie-restauration, le mouvement des "gilets jaunes" pèse lourd chaque week-end. C'est le cas dans les petites boutiques de proximité, mais aussi dans les grands magasins. Le Printemps, par exemple, a perdu un quart de ses clients le samedi. Et, phénomène de vases communicants, les touristes font plutôt leurs courses à Londres ou à Milan depuis le mois de novembre.

"On oppose souvent les petits et les gros commerçants, en disant que ce sont les gros qui tuent les petits, que le commerce de périphérie tue le commerce de centre-ville. Finalement, on a tous un peu les mêmes intérêts, la concurrence est moins locale qu'internationale et c'est cela qu'il faut considérer, estime Pierre Pelarrey, le directeur général du Printemps Haussmann. "On a l'habitude d'entendre les commerçants plutôt assez divisés sur les dates des soldes ou leur durée, l'ouverture le dimanche... Mais là, on a su fédérer autour d'une initiative qui finalement ne tourne pas autour du prix", ajoute-t-il. Si l'opération est réussie, elle pourrait être répétée rapidement, avec un nouveau jeu avant la fin de l'année.