"Le télétravail nous tue" : à la Défense, les commerçants voient fondre leur clientèle

Avec la règle des trois à quatre jours en distanciel, les salariés du quartier d'affaires ont déserté leurs sandwicheries et restaurants habituels. Les gérants demandent le retour des aides publiques.

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Radio France
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Le quartier d'affaires de La Défense, près de Paris, jeudi 6 janvier 2022. (AGATHE MAHUET / RADIO FRANCE)

"Quiches, plats du jour, pizzas...", la vitrine déborde dans la sandwicherie de Sylvie. Mais à l'heure de la pause déjeuner, les clients habituels, les salariés de la Défense, le quartier d'affaires au nord de Paris, ne sont pas au rendez-vous, jeudi 6 janvier. Habituellement, "on a la queue à cette heure-là, 100 mètres de queue. Et là, vous voyez, il n'y a personne !" 

Depuis le retour du télétravail obligatoire lié à la cinquième vague de Covid-19, la commerçante voit ses clients "une fois par semaine et ils me disent 'à la semaine prochaine', alors qu’avant ils me disaient 'à demain'". Sylvie pense déjà à se séparer d’une partie de son équipe.

"On ne va pas réagir dans trois mois. Si on a les aides comme avant c’est bien, sinon on va licencier."

Sylvie, patronne d'une sandwicherie

à franceinfo

Le chômage technique a déjà commencé dans d'autres établissements voisins. Comme dans ce restaurant italien à l'ambiance margharita et musique lounge. Deux personnes en salle, contre cinq habituellement. La patronne est dépitée : "Il y a une baisse de 60% du chiffre d’affaires. On a déjà décidé de fermer le soir." 

Partout des commerces clairsemés, désertés. Au pied des tours de la Défense, les coiffeurs ne coiffent plus et le tabac attend les fumeurs. 1 200 clients par jour habituellement, dit un buraliste. Depuis lundi, la moyenne est tombée à 180. "C'est une catastrophe", confie José, qui dirige la brasserie d'à côté.

"Il est 12H20, c'est comme ça depuis lundi. Il n'y a rien le matin, rien le midi, rien l'après-midi et personne le soir". 

José, restaurateur

à franceinfo

Sur l’allée piétonne, juste devant, les heures de pointe ressemblent à des heures creuses. "Habituellement, c’est l’autoroute, raconte José, il faut quasiment mettre des feux rouges pour pouvoir traverser. Là c'est bon, vous pouvez y aller les yeux bandés avec une canne blanche, il ne se passera rien, il n'y a aucun danger !" 

"On a plus de personnel que de clients"

Jusqu'à la semaine dernière, le restaurateur était habitué à "280, 300 couverts, là on en fait 40". Avec 19 clients ce jeudi midi, "c'est quasiment un serveur pour deux personnes et on n'est pas un restaurant gastronomique, on n'est qu'une brasserie", fait-il remarquer. "On est dans l'attente, on est dans l'inconnue. Ils ont mis tout le monde en télétravail mais nous ils nous ont laissé en électrons libres. On est ouverts, on a tout le personnel. On a plus de personnel que de clients. Le télétravail nous tue".

José a fait le calcul : une baisse de 80% de son chiffre d’affaires depuis le début de la semaine. Lui aussi n'a qu'un espoir, voir revenir rapidement les aides de l’État. "On espère qu’ils vont réagir et vite. Sinon, il va y avoir beaucoup de casse derrière".

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