Vidéo "C'est toujours à cause de l'homme" : quand les auteurs de violences conjugales se vivent comme des victimes

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Envoyé spécial. Quand les hommes auteurs  de violences conjugales se vivent en victimes
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"Envoyé spécial" a pu assister à un stage de responsabilisation pénale de deux jours destiné aux auteurs de violences conjugales. Une occasion rare d'entendre la parole de ces hommes. Parmi eux, beaucoup, comme Richard, se considèrent comme des victimes de la justice et des femmes.

Sa compagne l'a quitté à cause d'"un fait de violence", selon ses termes. "Ce soir-là, je suis allé trop loin", raconte Richard. Avant d'évoquer un "front à front un peu trop poussé" – un coup de tête, comme il finit par le reconnaître.  

Ce chef d'entreprise, père de cinq enfants, a été condamné par le parquet de Vesoul (Haute-Saône) à suivre un stage de responsabilisation pénale. Ce stage destiné aux auteurs de violences conjugales complète une peine de prison avec sursis et une obligation de soin. "Envoyé spécial" a pu y assister.

Pendant deux jours, des éducateurs et des psychologues ont tenté d'aider ces hommes à engager une réflexion sur leur passage à l'acte, dans le but de prévenir toute récidive. Comme Richard, la plupart reconnaissent avoir frappé, mais beaucoup trouvent une excuse à leur geste, et presque tous considèrent être eux aussi victimes de la justice et des femmes.

Dans 80% des affaires jugées, les auteurs des violences sont des hommes

Richard en est persuadé, explique-t-il à la journaliste d'"Envoyé spécial" : seule la parole de son ex-compagne aurait été prise en compte par la justice. Pour la justice, accuse-t-il, "s'il y a le moindre problème, ce n'est pas un couple qui a eu un problème, c'est uniquement l'homme qui a été un problème." Ce qu'il a retenu du stage va dans le même sens : ce qu'on leur a dit, selon lui, c'est que "si la femme est violente, si les enfants deviennent violents, c'est à cause de l'homme".

La journaliste lui rappelle alors la réalité des chiffres. Dans 80% des affaires jugées, les auteurs des violences sont des hommes. "Tout à fait", approuve Richard, qui enchaîne aussitôt : "Mais moi qui ai été victime, au même titre que mon ex-conjointe a été victime..." Selon lui, sa femme l'aurait elle aussi frappé. "Mais moi, je n'ai pas porté plainte !" s'exclame-t-il. Ce stage, Richard le vivrait donc non comme auteur de violences conjugales, mais comme victime ? Il confirme : "Comme victime." 

Extrait de "Parler pour ne plus frapper", un reportage à voir dans "Envoyé spécial" le 28 janvier 2021.

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