Prisons : des structures ouvertes pour les courtes peines

Le plan prison pour lutter contre la surpopulation carcérale a été présenté en conseil des ministres mercredi 12 septembre. Reportage dans une prison ouverte pour les courtes peines.

Voir la vidéo
FRANCE 3

Dans cette prison annexe aux Baumettes à Marseilles (Bouches-du-Rhône), la structure est sécurisée avec des caméras de surveillance et des barbelés, mais à l'intérieur, les grilles sont ouvertes. Les détenus circulent librement et possèdent même la clef de leur cellule. Dans cette sorte de sas, réservé aux fins de peine, les prisonniers ont beaucoup plus d'autonomie et de liberté. La plupart des détenus sont des courtes peines, comme Damien avec ses six mois ferme pour des faits de violence. Il a été transféré dans cette structure, il y a deux mois. "Franchement je n'aurai pas tenu de l'autre côté parce que la population carcérale n'est pas du tout la même. Ici, on a vraiment des gens qui veulent se réinsérer", témoigne-t-il à visage couvert.

Aucune agression en deux mois

Cette liberté n'est pourtant pas un passe-droit et l'exigence est maximale en contrepartie. L'heure du lever est à 7h du matin, les cellules et les couloirs doivent être propres et les détenus sont obligés d'aller à leurs rendez-vous. En cas de retards répétés, ils réintègrent la maison d'arrêt classique. La structure dispense des ateliers obligatoires de réinsertion professionnelle et des simulations d'entretien d'embauche. Ces structures sont 4 à 5 fois plus coûteuses que les maisons d'arrêt, un pari pour que les moyens supplémentaires soient payants. En deux mois, il n'y a eu aucune agression dans ce bâtiment.

Un gardien observe des détenus, dans la prison ouverte de Casabianda, en Corse, le 9 février 2018.
Un gardien observe des détenus, dans la prison ouverte de Casabianda, en Corse, le 9 février 2018. (PASCAL POCHARD-CASABIANCA / AFP)