La justice au Liban veut entendre Carlos Ghosn, alors que des enquêtes se poursuivent au Japon et en Turquie

"La justice [libanaise] est contrainte de l'entendre. Mais elle peut décider de l'arrêter ou de le laisser en liberté", a souligné une source judiciaire à l'AFP.

Carlos Ghosn, et sa compagne Carole Ghosn, le 3 avril 2019 à Tokyo.
Carlos Ghosn, et sa compagne Carole Ghosn, le 3 avril 2019 à Tokyo. (KAZUHIRO NOGI / AFP)

Carlos Ghosn n'en a pas fini avec la justice. La justice libanaise, en l'occurrence. Celle-ci veut convoquer le magnat de l'automobile pour l'entendre après la demande d'arrestation d'Interpol, a-t-on appris vendredi 3 janvier. L'enquête se poursuit aussi au Japon et en Turquie sur les mystérieuses circonstances de sa fuite, lundi.

"La justice [libanaise] est contrainte de l'entendre. Mais elle peut décider de l'arrêter ou de le laisser en liberté", a souligné une source judiciaire à l'AFP, ajoutant que l'homme d'affaires pourrait être convoqué mardi ou mercredi. Les autorités libanaises ont annoncé que Carlos Ghosn était entré "légalement" dans le pays et rappelé qu'il n'y avait pas d'accord d'extradition avec le Japon.

Deux jets privés au centre des questions

En Turquie, la compagnie aérienne privée MNG Jet a annoncé avoir porté plainte pour l'utilisation "illégale" de deux de ses appareils, qui ont permis à l'homme d'affaires de 65 ans de rallier Beyrouth via Istanbul. Détenteur de passeports libanais, français et brésilien, Carlos Ghosn est poursuivi au Japon pour malversations financières. Sa fuite a provoqué la stupeur : il était assigné à résidence à Tokyo dans des conditions très strictes et avait interdiction de quitter le pays dans l'attente de son procès.

Carlos Ghosn est soupçonné d'avoir d'abord embarqué dans un jet privé à l'aéroport international du Kansai, près d'Osaka (ouest du Japon) le 29 décembre au soir, à destination d'Istanbul. Après une brève escale, Carlos Ghosn a pris un autre jet privé pour Beyrouth.

La compagnie MNG Jet a annoncé avoir "déposé une plainte au sujet de l'utilisation illégale de ses services d'aviation privée en lien avec la fuite de Carlos Ghosn". Selon elle, deux jets privés ont été loués en décembre à deux clients. "Ces deux locations n'avaient en apparence aucun lien entre elles. Le nom de Carlos Ghosn n'est apparu dans les documents d'aucun des deux vols".