Brouilleurs, filets anti-hélicoptère... Nicole Belloubet annonce des mesures pour éviter les évasions comme celle de Rédoine Faïd

L'administration pénitentiaire, "insufisamment réactive", va être réorganisée, a par exemple annoncé la ministre de la Justice.

La ministre de la Justice, Nicole Belloubet, le 11 juillet 2018, à Paris.
La ministre de la Justice, Nicole Belloubet, le 11 juillet 2018, à Paris. (BERTRAND GUAY / AFP)

Près d'un mois après la spectaculaire évasion du braqueur Redoine Faïd, Nicole Belloubet, la garde des Sceaux, a pointé plusieurs "failles de sécurité" à la prison de Réau (Seine-et-Marne). Lundi 30 juillet, elle a annoncé une réorganisation des services de l'administration pénitentiaire, jugée "insufisamment réactive". Voici les principales mesures.

Des filets anti-hélicoptère 

Des mesures spécifiques s'appliqueront à la prison de Réau (Seine-et-Marne). La première d'entre-elle : installer des filins anti-hélicoptère dans la cour d'honneur, a annoncé la ministre de la Justice. Le 1er juillet, un commando armé s’était posé en hélicoptère à cet endroit alors que Redoine Faïd se trouvait au parloir.

L'absence de filet avait fait polémique peu après l'évasion. "Force ouvrière avait déjà dénoncé le fait qu'il n'y ait pas de filet anti-aérien à cet endroit-là, mais ils n'ont pas jugé utile de prendre nos remarques en considération", rappelait notamment Martial Delabroye, secrétaire local du syndicat.

Des brouilleurs de téléphone portable 

Lundi 30 juillet, la ministre de la Justice a annoncé que les brouilleurs seraient étendus à toute la France. En 2016, plus de 33 000 téléphones portables et accessoires avaient été saisis en prison, un chiffre qui a bondi à 40 067 en 2017. Pour lutter contre les trafics et renforcer la sécurité, le gouvernement a lancé fin 2017 deux appels d'offre : l'un pour équiper les établissements les plus sensibles de puissants brouilleurs de communications par téléphones portables, et l'autre pour installer progressivement des téléphones fixes dans toutes les cellules.

Concernant les téléphones portables, la lutte est difficile : sur les 804 brouilleurs en prison, seuls 10% fonctionnent. Début 2018, un nouveau contrat a été passé, non pas pour acheter du matériel de brouillage – rapidement obsolète vu l'évolution technologique, comme le passage de la 3G à la 4G – mais un service pour "garantir un brouillage effectif", selon le ministère : c'est la prestation qui sera payée et non plus l'équipement.

L'enregistrement des parloirs

La ministre de la Justice veutaussi renforcer le renseignement en prison. "Nous devons aligner les moyens du renseignement pénitentiaire en matière de prévention des évasions sur ceux de la lutte contre le terrorisme, a déclaré Nicole Belloubet. Le recours à l'ensemble des techniques de renseignement, comme l'enregistrement du son et de la vidéo, doit être possible dans certains lieux, comme les parloirs."

De nouveaux agents affectés 

Jugée "insuffisamment réactive", l'administration centrale pénitentiaire va être réorganisée, a annoncé la garde des Sceaux. "Les effectifs du pôle criminalité organisée seront renforcés d'une quinzaine d'emplois sur la centaine de recrutements prévus d'ici 2020", a-t-elle promis.