Six choses que vous ne savez peut-être pas sur Banksy

Beaucoup affirment qu'il serait en fait le fondateur du groupe britannique Massive Attack. 

Un homme devant une œuvre attribuée au street artist Banksy, à Paris, le 24 juin 2018.
Un homme devant une œuvre attribuée au street artist Banksy, à Paris, le 24 juin 2018. (PHILIPPE LOPEZ / AFP)

Que connaissez-vous de Banksy, le street-artiste mondialement célèbre dont personne n'a jamais vu le vrai visage ? Vendredi 5 octobre, il s'est illustré dans une performance spectaculaire lors d'une vente aux enchères chez Sotheby's. Adjugée à 1,2 million d'euros, une version sur toile de son œuvre emblématique, la Fille au ballon, s'est autodétruite sous les yeux médusés du public.

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Ce n'est pas la première fois que Banksy se joue de son public... Franceinfo vous livre quelques anecdotes sur celui qui est passé maître dans l'art du buzz médiatique. 

Bristol est son fief

On sait très peu de choses sur le mystérieux Banksy. L'une des rares certitudes à son propos est qu'il est né à Bristol (Royaume-Uni) en 1974, et qu'il aurait donc 43 ou 44 ans. Dans les années 1980, le graffeur a commencé à faire de la ville anglais son terrain de jeu artistique : les murs sont parsemés de ses œuvres que les visiteurs s'amusent à traquer. En 2009, le Bristol City Museum lui a consacré la plus vaste exposition qui lui ait été consacrée, avec plus d'une centaine d'œuvres.

Comme Banksy aime le secret, rien n'avait été dévoilé avant le jour de l'inauguration. Lui qui avait déjà été "recherché pour vandalisme par la police et le conseil de sa ville natale", comme l'indique le Guardian, s'était réjoui : "C'est la première fois que je participe à une émission dans laquelle l'argent des contribuables est utilisé pour accrocher mes images plutôt que pour les récupérer." Au total, l'exposition qui a duré 12 semaines avait attiré plus de 300 000 visiteurs.  

Il pourrait appartenir au groupe Massive Attack 

S'il a toujours pris soin de dissimuler son identité depuis ses premiers travaux, dans les années 1980, les rumeurs vont bon train pour tenter de le démasquer. L'une des plus persistantes a débuté le 1er septembre 2016 lorsque Craig Williams, un journaliste anglais, a affirmé que Banksy serait le fondateur du groupe Massive Attack, Robert Del Naja, comme le rapportait alors le Daily Mail. Après plusieurs mois d'enquête, le journaliste s'était rendu compte que l'apparition des travaux de Banksy coincidaient avec les dates de tournée du groupe. Robert Del Naja a lui aussi été graffeur à Bristol dans les années 1980 et avait déjà admis être ami avec Banksy, comme le précise le quotidien britannique. 

Le leader du groupe a toutefois démenti cette hypothèse à plusieurs reprises. Sauf qu'en juin 2017, le DJ Goldie, proche de Robert Del Naja, commet ce qui ressemble à un énorme lapsus lors d'une interview. "Mettez Banksy sur un tee-shirt et c'est fait, vous le vendez. Mais je respecte quand même Robert, je pense que c'est un artiste brillant qui a bouleversé le monde de l'art", avait-il déclaré avant de changer brutalement de sujet. 

Il a créé un parc d'attraction cauchemardesque 

C'est dans la banlieue nord de Bristol que l'artiste a laissé libre cours à sa vision pour le moins sinistre des contes de fée. Ouvert pendant cinq semaines de août à septembre 2015, "Dismaland" se voulait une triste parodie des parcs d'attraction. Les visiteurs pouvaient déambuler devant un manège de chevaux de bois pris d'assaut par un serial killeur ou une Cendrillon morte dans un accident de carrosse. Les œuvres étaient conçues par Banksy lui-même mais aussi Damien Hirst, David Shrigley ou encore Mike Ross. Le slogan du parc résumait l'atmosphère : "La nouvelle attraction britannique la plus décevante." 

La façade du parc d\'attraction Dismaland à Waston-super-Mare (Royaume-Uni), le 27 août 2015.
La façade du parc d'attraction Dismaland à Waston-super-Mare (Royaume-Uni), le 27 août 2015. (TERESA DAPP / DPA / AFP)

Au total, 150 000 personnes du monde entier ont visité ce paradis perdu, d'après Le Monde. Le 27 septembre, Banksy annonçait que l'attraction allait déménager à Calais pour fournir un abris aux réfugiés, ce qu'il n'a finalement pas fait. 

Il s'inspire d'un street-artiste français

Le rat est l'un des personnages fétiches de Banksy. Ce n'est pas un hasard : il a confié s'être inspiré d'un pochoiriste français, Xavie Prou, surnommé Blek Le Rat. "À chaque fois que je peins quelque chose, je découvre que Blek le rat l’a déjà fait 20 ans avant !" aurait déclaré Banksy en 2005, selon France Culture.

"La Fille au ballon", désignée comme l'œuvre d'art préférée des Britanniques

D'après un sondage réalisé auprès de 2 000 personnes en 2017 pour le compte de la marque de télévision Samsung, ce graffiti réalisé à l'aide d'un pochoir, arrive en tête du classement des 20 meilleures œuvres d'art britanniques. Cette célèbre image d'une petite fille regardant tristement son ballon est "apparue pour la première fois sur le côté d'un pont de la South Bank à Londres en 2002", comme le rappelle le Guardian. Depuis, elle est devenue omniprésente : reproduite sur des cartes de vœux, des tasses, et même sur le chanteur Justin Bieber qui s'est fait tatouer sur le bras un dessin inspiré de l'œuvre.

Il a bradé ses œuvres à 60 dollars pièce 

En 2013, dans le cadre d'une performance pour dénoncer l'absurdité du marché de l'art, il avait confié une vingtaine de ses œuvres originales à un vendeur d'une petite échoppe à Central Park. Mise à prix : 60 dollars pièce. En une journée, il vend péniblement une poignée de toiles, certaines à moitié prix après négociation avec les clients. Bilan de la vente : 420 dollars alors que certaines de ses toiles sont estimées à plusieurs centaines de milliers d'euros. Pour Nicolas Laugero Lasserre, spécialiste du street-art, son message, c'était de dire : "Regardez bande d'imbéciles. Quand ça vaut 200 000 euros, vous vous battez pour acheter et quand c'est à la portée de tous, ça n'intéresse plus personne."