Pourquoi les photos du Débarquement de Robert Capa font polémique

Un ancien critique photo du "New York Times" remet en cause l'histoire officielle des photographies prises par le reporter le 6 juin 1944.

\"Face in the Surf\" est la plus célèbre photo du Débarquement prise par Robert Capa. 
"Face in the Surf" est la plus célèbre photo du Débarquement prise par Robert Capa.  (FILIPPO MONTEFORTE / AFP)

Le travail de Robert Capa est sous le feu des critiques. Les photographies du Débarquement de Normandie, le 6 juin 1944, de Robert Capa sont dans la ligne de mire d'un ancien critique photo du New York Times. Sur son blog (en anglais), Allan Douglass Coleman démonte la version historique avancée par le célèbre photographe de guerre.

Francetv info revient sur cette polémique en trois questions. 

Pourquoi ces photos sont-elles célèbres?

Dans la nuit du 5 au 6 juin 1944, Robert Capa se trouve aux côtés des soldats américains qui s'apprêtent à débarquer sur les plages de Normandie, à Omaha Beach. Une fois sur la terre ferme, Robert Capa déguaine son appareil photo pour immortaliser ce moment historique.

Le photojournaliste est au cœur de l'action. Ses clichés sont saisissants, pris au plus près des soldats qui progressent dans l'eau. D'ailleurs, l'ancien critique photo Coleman ne remet absolument pas en cause la qualité esthétique et journalistique des photos de Capa, précise Le Monde. Par ailleurs, cette série de onze photos sont les seules images qui montrent le Débarquement.

Quelle est la version officielle ? 

La légende s'est construite autour des onze photographies prises par Robert Capa. Le photojournaliste raconte s'être enfui après une heure et demie au milieu du chaos qui règnait, ce jour-là, à Omaha Beach. Une fois arrivé au port de Wymouth, quatre pellicules prennent la direction de Londres où sont installés les bureaux du magazine Life, raconte Télérama

Le développement des clichés sont alors confiés à un jeune laborantin de 15 ans. Sauf que l'opération ne se passe pas comme prévu. L'adolescent débarque en sanglots dans le bureau de John Morris, le directeur du magazine. "Il m'expliqua qu'il avait sus­pendu les films comme d'habitude dans le placard en bois chauffé par une bobine électrique au sol, qui faisait office de séchoir. Comme je lui avais dit de se dépêcher, il avait fermé les portes. Faute de ventilation, l'émulsion [de la pellicule] avait fondu. Il n'y avait rien à tirer des trois premiers, mais sur le quatrième, 11 images étaient distinctes", raconte-t-il dans l'ouvrage Des hommes d'images.

Pourquoi la version de Robert Capa est-elle remise en cause aujourd'hui ? 

A. D. Coleman conteste la version avancée par John Morris pour expliquer le peu de photographies prises. D'après lui, il s'agit de "mensonges". Pour appuyer sa théorie, il se base sur des témoignages d'anciens soldats, les caractéristiques techniques de l'appareil photo ou encore la personnalité de Robert Capa. Il assure ainsi que le photojournaliste a fait une "crise de nerf" une fois sur la plage. Il aurait quitté précipitamment les lieux et n'aurait donc pas pu réaliser la centaine d'images qu'il assure avoir pourtant capturé sur place. 

L'ancien critique s'attaque aussi à l'histoire du laboratoire, qui a développé les clichés. Il démontre que l'ensemble du film aurait été endommagé par le problème technique rencontré par le jeune laborantin. Selon lui, la version officielle aurait été montée de toutes pièces par John Morris pour sauver la face de celui qui était déjà le plus grand photoreporter et protéger la réputation de Life