"J’assiste impuissante au désastre" : la fille de Franquin démolit le film "Gaston Lagaffe"

Isabelle Franquin, la fille du créateur et dessinateur de Gaston Lagaffe, n'a pas du tout apprécié l'adaptation cinématographique de l'œuvre de son père. Et elle le fait savoir.

Une statue de Gaston Lagaffe, le 28 janvier 1989 à Angoulême (Charente).
Une statue de Gaston Lagaffe, le 28 janvier 1989 à Angoulême (Charente). (JEAN-PIERRE MULLER / AFP)

Les mots sont d'une rare violence. "Ça fait mal, très mal même, car j’assiste impuissante au désastre, en espérant de tout cœur que le public saura distinguer le bon grain de l’ivraie, si je puis dire." Ce "désastre", c'est l'adaptation de la bande dessinée Gaston Lagaffe au cinéma, selon la fille de Franquin, Isabelle. Dans un entretien au journal belge L'Avenir, elle règle ses comptes avec la production du film.

Isabelle Franquin ne possède aujourd'hui qu'un droit moral sur l'œuvre de son père, ce qui ne lui permet pas de s'opposer à l'adaptation cinématographique de Gaston Lagaffe. Elle a toutefois pu avoir accès au scénario. "Et sa première version était inqualifiable, pleine d’aberrations : Gaston y abandonnait son chat et sa mouette. Ou chauffait la start-up où il travaille en introduisant un tuyau d’arrosage dans le derrière d’une vache, raconte-t-elle. Là, j’ai dit 'niet'."

Je n’avais donc pas le pouvoir d’empêcher ce film, même si les acteurs sont mal dirigés, le scénario débile et le rythme des gags catastrophique.Isabelle Franquinà "L'Avenir"

Le réalisateur du film, PEF, a réagi à la polémique. "C’est une BD culte. Moi-même, si on m’avait dit : 'Tel réalisateur va adapter Gaston', je crois que j’aurais eu des préjugés. Pas la violence de certains, qui n’ont d’ailleurs pas vu le film", estime-t-il. Les spectateurs pourront se faire leur propre avis au cinéma, à partir du mercredi 4 avril.