Service national universel : "C'est un dispositif très paternaliste", déplore la Fage

Alors que le service national universel, à terme obligatoire, sera effectif dès le mois de juin, Orlane François, présidente de la Fédération des associations générales étudiantes dénonce sur franceinfo jeudi, "un dispositif très paternaliste" et son "caractère obligatoire."

La caserne Bernadotte, place de Verdun, à Pau.
La caserne Bernadotte, place de Verdun, à Pau. (BONNAUD GUILLAUME / MAXPPP)

Le service national universel (SNU), à terme obligatoire pour les jeunes de 16 ans, sera effectif dès juin prochain, avec quelque milliers de volontaires. Treize départements ont été sélectionnés pour le tester. Sur franceinfo, Orlane François, présidente de la Fage (Fédération des associations générales étudiantes) dénonce "un dispositif très paternaliste" et son "caractère obligatoire."

franceinfo : Que reprochez- vous à ce service national ?

Orlane François : C'est un dispositif très paternaliste, on dénonce le caractère obligatoire. Il y a des enjeux que l'on partage sur la question de la mixité sociale, de la sensibilisation des jeunes au système de soin, à notre fonctionnement. C'est un pansement sur une jambe de bois. Il y a des enjeux sur comment on travaille la politique de la ville, sur la construction des logements sociaux, sur la carte scolaire, comment on finance mieux les associations qui font du travail auprès des jeunes dans les quartiers difficiles. Aujourd'hui, on a des reculs sur ces éléments-là. Le coût du dispositif est assez important, plusieurs milliards d'euros, alors que ça fait des années qu'on demande plus de postes, plus de budget pour encadrer et mieux apprendre aux jeunes dans l'enseignement supérieur. C'est un vrai problème.

Que pensez-vous de la phase de test ?

Cela va être un peu tronqué car les jeunes qui vont y participer sont des volontaires. C'est un peu cavalier de faire une expérimentation sur un dispositif qui va être rendu obligatoire et qui pose problème à une majorité de jeunes. Forcément que les retours vont être différents puisqu'ils sont volontaires.

Comment peut-on atteindre les objectifs de mixité sociale, notamment, si on n'oblige pas les jeunes à vivre avec d'autres jeunes et d'autres milieux sociaux ?

Bien sûr qu'il faut avoir cette mixité, mais qu'est-ce que cela va changer en 15 jours pour un jeune qui a déjà 15 ans, ou 16 ans, qui a déjà eu une bonne partie de son éducation ? Nous on dit qu'il faut favoriser les échanges avec les écoles, faire des projets entre une école qui est en banlieue et une école de Paris intramuros qui n'ont pas le même public. Si on construit des projets sur le long terme c'est une bonne chose. Aujourd'hui, les écoles n'ont plus les moyens de faire ça donc il faut redonner des moyens à l'Education nationale. Mais ce n'est pas en 15 jours qu'on va régler le problème.