Satellite iranien lancé par la Russie : "L'inquiétude de Washington, c'est surtout le partenariat qui se noue entre la Russie et l'Iran", selon un général français

Il faudra "bien suivre" ce partenariat entre l'Iran et la Russie, qui "est préoccupant pour l’avenir", souligne le Général Jean-Paul Palomeros, ancien chef d'état-major de l'armée de l'air. 

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Radio France
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Le Général Jean-Paul Palomeros, ancien chef d'état-major de l'armée de l'air en 2015.  (JULIEN WARNAND / EPA)

"L’inquiétude de Washington, c’est surtout le partenariat qui se noue entre la Russie et l’Iran", a expliqué mardi 9 août sur franceinfo le Général Jean-Paul Palomeros, ancien chef d’état-major de l’armée de l'air. Mardi matin, un satellite iranien a été lancé avec succès depuis le Kazakhstan par la Russie. Pour Téhéran, il a pour but de surveiller les frontières du pays ou encore d’améliorer la production agricole. Pour les États-Unis, le programme spatial iranien est destiné à des fins plus militaires que commerciales, la presse américaine avançant même que ce satellite pourrait être utilisé par Moscou pour soutenir son offensive en Ukraine.

franceinfo : Quel est exactement ce satellite et peut-on l’utiliser à des fins militaires ? 

Jean-Paul Palomeros : C’est un satellite très classique qui permet de prendre des photos pour tous types d'activités : surveillance de frontière, de l’environnement, à la fois militaire et civil. La résolution des capteurs, qui sont sur ce satellite, sont de l’ordre de 1,2 mètre, c’est-à-dire très loin des performances des satellites occidentaux et aussi des satellites russes.

Cela fait de nombreuses années que l‘on sait que l’espace est une nouvelle dimension pour les activités civiles et, maintenant, les activités militaires. L'armée de l’air est devenue l’armée de l’air et de l’espace. Et ce n’est pas un hasard : c’est pour faire face à cet enjeu.

"Maîtriser l’espace aujourd’hui, c’est fondamental non seulement pour les conflits mais aussi pour la préparation et la prévention des conflits."

Général Jean-Paul Palomeros,

à franceinfo

Qu’est-ce que les armées recherchent comme information en utilisant ces satellites ?

Des preuves de bombardement, une analyse des armements utilisés, pourquoi pas des preuves contre des crimes de guerre. Plus on sait, mieux on peut anticiper, mieux on peut aussi argumenter sur de la désinformation. On parle beaucoup des frappes qui ont été faites sur la centrale nucléaire de Zaporijia. Dans ce cas, la seule preuve que l’on ait, à défaut d’aller sur place, ce sont les images satellites qui montrent un certain nombre de dégâts. Et maintenant que ces satellites sont assez précis, cela permet de faire des analyses à chaud et c’est extrêmement important sur le plan politique, stratégique et militaire.

Il y a déjà de nombreux satellites qui sont envoyés dans l’espace, quelles peuvent être les inquiétudes de Washington alors que chaque mètre carré de l’Ukraine est déjà scruté de près ?

L’inquiétude de Washington, c’est surtout le partenariat qui se noue entre la Russie et l’Iran. Washington et les alliés occidentaux craignent que ce partenariat ne confère à terme à l’Iran des capacités qui vont l’aider dans la mise en œuvre d’une composante nucléaire. C’est vrai aussi dans son proche environnement. Cela inquiète les Israéliens et au Moyen-Orient. 

>> CHRONIQUE. Guerre en Ukraine : l'Iran se veut le nouvel allié de la Russie

Il y a des technologies qui sont maitrisées par les occidentaux qui ne sont pas maitrisées par les Russes, et encore moins par l’Iran. Et le fait que la Russie aide et créé ce partenariat avec l’Iran est préoccupant pour l’avenir. Il faudra bien suivre ce partenariat pour savoir si oui ou non la Russie veut aller encore plus loin et fournir vraiment à l’Iran des moyens de hautes technologies.

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