Rassemblements contre le racisme et les violences policières : “Il y a une forme de réveil d'une exigence antiraciste”, estime le président de SOS racisme

Selon Dominique Sopo, président de SOS Racisme, invité de franceinfo mardi 9 juin, les annonces du gouvernement vont "dans le bon sens" mais "on ne peut pas se contenter de rustines sans dire qu'il y a un problème structurel dans la police".

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Radio France
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Le président de SOS Racisme, Dominique Sopo, le 4 mai 2017 à Paris. (BERTRAND GUAY / AFP)

Des rassemblements ont eu lieu dans plusieurs villes de France mardi 9 juin dans la soirée contre le racisme et les violences policières. Les manifestants ont notamment rendu hommage à l'Afro-Américain George Floyd mort le 25 mai à Minneapolis, aux Etats-Unis. A Paris, ils étaient 12 000 selon SOS Racisme qui organisait la manifestation place de la République. Son président Dominique Sopo évoque sur franceinfo un “rassemblement réussi”. “Il y a une forme de réveil d'une exigence antiraciste”, a-t-il ajouté.

franceinfo : Qu'est-ce que vous retenez de ce rassemblement à Paris ?

Dominique Sopo : C'est un rassemblement réussi puisque nous étions environ 12 000 personnes réunies à la place de la République. C'est d'abord une belle mobilisation, d'autant plus que, comme souvent d'ailleurs, dans les mobilisations qu'on voit aux Etats-Unis ou dans le monde entier, on est face à des mobilisations assez jeunes avec des personnes de toutes les origines, donc je pense qu'il y a une forme de réveil d'une exigence antiraciste après des années extrêmement dures sur ce plan-là, et qui rencontre l'émotion qu'a créée dans le monde entier, dans beaucoup de pays, la mort de George Floyd, telle qu'elle a été administrée par un policier manifestement heureux d'étouffer un Noir.

Vous n'avez pas peur, avec ce type de manifestation, de livrer la police à la vindicte populaire ?

Non, je n'ai absolument pas peur de livrer la police à la vindicte populaire. Vous savez, aujourd'hui, il y a des exigences en matière de refus du racisme dans la police. Le problème n'est pas de dénoncer le racisme dans la police. Le problème, c'est qu'il y ait du racisme dans la police. Je pense que ça suffit de retourner les rôles. Depuis quand serait-il problématique de dire qu'on a envie de la justice, de la dignité, du traitement égal entre les individus ? Depuis quand, dans les démocraties, dans la République, c'est un danger de se battre pour des valeurs qui fondent notre République ?

Est-ce que vous avez trouvé les messages du gouvernement, notamment ceux du ministre de l'Intérieur, Christophe Castaner, mais aussi du Premier ministre, apaisants dans ce contexte ?

Je pense que pendant plusieurs semaines, Christophe Castaner a fait preuve d'un déni sur la problématique du racisme dans la police et des violences policières. Il faut le dire, tout de même. Je pense que c'était totalement ahurissant. Je pense même que beaucoup de médias s'en sont étonnés à ce point de déni, alors que les révélations tombaient en série et montraient que le racisme, manifestement, n'avait pas été combattu et qu'on est dans une dérive au sein de ce corps. Je pense que

Si on prend les propositions une par une, elles vont dans le bon sens, notamment la fin de la technique de l'étranglement ou le fait qu'il y a des réflexions qui vont être lancées. Mais je pense que ce n'est pas à la hauteur de l'enjeu.

Dominique Sopo, président de SOS Racisme

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On ne peut pas se contenter de rustines sans dire qu'il y a un problème structurel dans la police, et donc sans apporter des réponses structurelles sur la façon d'engager la force publique, sur la question des contrôles au faciès, sur la question du profil des inspections qui, je pense, doivent être sorties du ministère de l'Intérieur parce que la police ne peut pas s'autoréguler. On est face à un corps très particulier où le corporatisme est très fort. 

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