Etats-Unis : deux anciens employés de Twitter inculpés pour espionnage au profit de l'Arabie saoudite

Plus de 6 000 comptes, notamment celui d'un opposant à la famille royale saoudienne réfugié au Canada, sont concernés.

Les données de quelque 6 000 utilisateurs de Twitter auraient été transmisent à l\'Arabie saoudite par deux anciens employés du réseau social.
Les données de quelque 6 000 utilisateurs de Twitter auraient été transmisent à l'Arabie saoudite par deux anciens employés du réseau social. (JAAP ARRIENS / AFP)

Ils sont accusés d'avoir fourni à Ryad des informations sur des internautes critiques envers la famille royale. Deux anciens employés de Twitter et un Saoudien ont été inculpés aux Etats-Unis pour avoir récolté puis fourni à l'Arabie saoudite des informations sur des utilisateurs du réseau social, ont annoncé les autorités américaines mercredi 6 novembre. Plus de 6 000 comptes, notamment celui d'un opposant à la famille royale saoudienne réfugié au Canada, sont concernés.

Selon l'acte d'accusation, Ali Alzabarah – un Saoudien de 35 ans – et Ahmad Abouammo – un Américain de 41 ans – ont utilisé leur statut d'employé de Twitter pour se procurer les adresses e-mail ou IP, les numéros de téléphone ou encore les dates de naissance de personnes inscrites sur le réseau social. Le troisième suspect, Ahmed Almutairi, un ressortissant saoudien âgé de 30 ans, est accusé d'avoir servi d'intermédiaire pour transmettre ces données au pouvoir saoudien.

Un contexte tendu entre les deux pays

Les poursuites judiciaires interviennent alors que les relations entre les Etats-Unis et l'Arabie saoudite restent tendues plus d'un an après le meurtre du journaliste Jamal Khashoggi, dont Mohammed ben Salmane a été tenu responsable par une experte de l'ONU et la CIA. Le journaliste saoudien, qui coopérait pour le Washington Post, a été tué le 2 octobre 2018 à l'intérieur du consulat saoudien à Istanbul.

Ces poursuites posent aussi la question de la capacité de Twitter à protéger les données confidentielles de ses utilisateurs, notamment face aux attaques de régimes répressifs. "Nous sommes conscients des efforts déployés par des acteurs néfastes pour essayer d'attaquer notre service", a réagi un porte-parole du réseau social, affirmant également que Twitter disposait des outils nécessaires à la protection de ses utilisateurs.