Coronavirus : "On ne veut pas jouer à la roulette russe", l’Unsa-police dénonce une distribution du matériel de protection "trop aléatoire"

"Si on veut avoir des policiers de terrain, il faut leur donner les moyens de protection", estime le secrétaire national du syndicat.

Un contrôle de police sur la place du Général De Gaulle à Lille (Nord), juste après la mise en place du confinement mardi 17 mars.
Un contrôle de police sur la place du Général De Gaulle à Lille (Nord), juste après la mise en place du confinement mardi 17 mars. (FRANCOIS CORTADE / FRANCE-BLEU NORD)

"On ne veut pas jouer à la roulette russe aujourd'hui, avec des moyens de protection qui sont distribués de façon trop aléatoire", interpelle mardi 17 mars sur franceinfo Thierry Clair, secrétaire national du syndicat Unsa Police. Il déplore le manque de matériel "de protection" dévolu aux policiers, qui doivent depuis ce mardi faire respecter le confinement de la population. "Il faut aussi donner les moyens aux policiers d'assurer leur mission", plaide le syndicaliste.

Franceinfo : La discipline des Français est elle au rendez vous ?

Thierry Clair : Le travail des forces de l'ordre est difficile aujourd'hui. Nos collègues ont fait beaucoup de prévention, de dissuasion aussi, parce qu'il faut aussi expliquer, malgré tous les messages qui sont médiatiques dans l'ensemble des réseaux réseaux sociaux, médias, presse, etc. Il y a eu beaucoup de situations où les gens ne comprennent pas ou ne veulent pas comprendre. C'est vrai que nos collègues sont confrontés justement à cette situation. Il faut faire appliquer effectivement la réglementation, le décret du 16 mars 2020, pour éviter justement la propagation du Covid-19. Et puis il y a aussi l'incompréhension quelques fois d'une partie de la population.

Vous êtes en première ligne et vous dites que vous manquez de moyens de protection particuliers ?

On envoie les policiers en première ligne pour faire appliquer justement le décret, faire appliquer la réglementation en vigueur pour limiter justement les déplacements et faire le règlement. On comprend tout à fait effectivement que la priorité doit être donnée aux personnels de santé. C'est une évidence. Mais en ce qui concerne les policiers et des gendarmes, il nous faut également des moyens de protection, pas seulement pour rassurer nos collègues qui sont qui sont sur le terrain, mais également véritablement pour les protéger.

On a des équipages de police, par exemple, qui ont un seul masque à disposition dans le véhicule.Thierry Clair, secrétaire national du syndicat Unsa Policeà franceinfo

L'UNSA police avait dit déjà depuis le CHSCT ministériel, depuis le 26 février, on a attiré à nombreuses reprises l'attention du ministère de l'Intérieur sur la dotation des forces de l'ordre. Et même s'il y a eu des dotations qui ont été faites depuis. Elles sont loin d'être suffisantes.

Vous n'avez pas eu de garanties du ministère de l'Intérieur ?

La distribution est vraiment inégale. En tout cas, nous, on a plusieurs dizaines de cas qui nous sont remontés, dont l'exposition relève de contacts en service. On ne veut pas jouer à la roulette russe aujourd'hui, avec des moyens de protection qui sont distribués de façon trop aléatoire. Des policiers sont en quarantaine. Il faut savoir effectivement si on veut avoir des policiers de terrain, il faut leur donner les moyens de protection. Avec le Covid-19 on entre dans une gestion de crise qui est inconnue en France jusqu'à maintenant. Mais quoiqu'il en soit, il faut aussi donner les moyens aux policiers d'assurer leur mission.