Violences policières : Christophe Castaner confirme la suppression de la technique "d'étranglement"

La "clé d'étranglement", également appelée "prise par le cou", ou méthode du "contrôle tête", était jusqu'à présent l'un des outils dont disposent policiers et gendarmes pour immobiliser un individu lors de son interpellation.

Le ministre de l\'Intérier Christophe Castaner parle avec le secrétaire général du syndicat policier Alliance, Fabien Vanhemelryck, lors d\'une visite consacrée aux rapports entre police et population, à Evry (Essonne), le 9 juin 2020.
Le ministre de l'Intérier Christophe Castaner parle avec le secrétaire général du syndicat policier Alliance, Fabien Vanhemelryck, lors d'une visite consacrée aux rapports entre police et population, à Evry (Essonne), le 9 juin 2020. (LUDOVIC MARIN / AFP)

Il a reçu les syndicats policiers très remontés depuis ses annonces lundi. Le ministre de l'Intérieur, Christophe Castaner, a confirmé vendredi 12 juin, dans la soirée, la suppression de la technique d'interpellation dite "d'étranglement". Les syndicats, qui avaient dit en fin de journée attendre une lettre du ministre, espéraient que Christophe Castaner revienne sur son annonce, avant qu'une méthode alternative puisse être mise en place.

"Conformément aux préconisations de ce groupe de travail, cette technique (...) ne sera plus enseignée dans les écoles de police. Elle ne l'est déjà plus en gendarmerie ou dans les rangs de l'administration pénitentiaire", confirment Christophe Castaner et de son secrétaire d'Etat Laurent Nuñez. "Elle a été jugée dangereuse par le groupe de travail conjoint dirigé par les directeurs généraux de la police et de la gendarmerie nationales, chargé en janvier dernier par le ministre de l'Intérieur de passer en revue l'intégralité des gestes et techniques d'intervention des forces de l'ordre", est-il écrit dans leur communiqué conjoint.

Une expérimentation territoriale pour le Taser

"Un groupe de travail sera chargé d'ici le 1er septembre de déterminer les techniques et moyens matériels de substitution, auxquels les fonctionnaires seront alors formés", annoncent Christophe Castaner et Laurent Nuñez. "Parce qu'il a pu y avoir de l'incompréhension parmi les policiers, il convient de préciser que cela ne remet pas en cause, dans les cas de confrontations physiques avec des individus qui opposent une résistance, la possibilité de réaliser une prise arrière de façon à amener l'individu au sol pour le menotter", ajoutent-ils.

Une expérimentation territoriale du pistolet à impulsion électrique (PIE) dernière génération - dont la généralisation n'a pas été demandée par les syndicat selon le communiqué - sera également menée. Il est également prévu la généralisation des caméras-piétons "dont la technologie doit monter en gamme"."Il nous a assuré qu'il n'y aurait pas de zone grise, qu'on ne laisserait pas les policiers sans la capacité de procéder à leur coeur de métier (...) Il n'est pas question qu'on se retrouve avec rien dans les jours à venir", avait déclaré en fin d'après-midi David Le Bars, du syndicat des commissaires de police. Jeudi, Christophe Castaner a reçu les représentants syndicaux des gardiens de la paix et vendredi ceux des officiers et des commissaires.