Armée européenne : "Le président ne fait que rappeler à l'ensemble des alliés et en partie aux Américains leur devoir"

Jean-Paul Palomeros, ancien chef d’état-major de l’armée de l’air, ex-conseiller défense de Macron pendant la campagne de 2017, réagit sur franceinfo au tweet agressif de Donald Trump après qu'Emmanuel Macron a exprimé son envie d'une armée européenne. 

Jean-Paul Palomeros, le 22 janvier 2015, à Bruxelles (Belgique).
Jean-Paul Palomeros, le 22 janvier 2015, à Bruxelles (Belgique). (JULIEN WARNAND / EPA)

Emmanuel Macron a rappelé mercredi depuis le porte-avions Charles de Gaulle qu'à "chaque grand moment de notre histoire, nous avons été des alliés et entre alliés on se doit le respect". Une réponse au tweet agressif de Donald Trump après que le président a exprimé son envie d'une armée européenne. "Ce que le président a en tête au travers de ce langage d'armée européenne c'est une certaine autonomie stratégique de l'Europe", a expliqué jeudi 15 novembre sur franceinfo Jean-Paul Palomeros, ancien chef d’état-major de l’armée de l’air, ex-conseiller défense de Macron pendant la campagne de 2017.

franceinfo : Emmanuel Macron a rappelé que les Etats-Unis étaient les alliés de la France, mais que cela ne voulait pas dire être le vassal. Est-ce une précision importante ?

Jean-Paul Palomeros : C'est extrêmement important, c'est même les fondements de l'alliance atlantique en 1949 qui a été fondée sur ces bases de respect mutuel, d'intérêts communs, de valeurs communes. Le président ne fait que rappeler à l'ensemble des alliés et en partie aux Américains leur devoir.

Une armée européenne peut-elle exister dans une armée divisée ?

Ce que le président a en tête au travers de ce langage d'armée européenne c'est une certaine autonomie stratégique de l'Europe, dans un dialogue équilibré, une coopération équilibrée avec les Etats-Unis. Pour ce faire, il faut inciter les autres pays européens à mieux investir, à investir ensemble et à commencer à mutualiser un certain nombre de capacités comme on l'a fait dans le transport aérien, par exemple. Donc, c'est un appel.

Quel est son objectif ?

Il sait très bien qu'il ne va pas créer demain une armée avec un chef. Ce n'est pas son objectif. Son objectif c'est de mobiliser les Européens en leur disant que si nous n'avons pas une coopération de défense structurée et qui fonctionne, l'Europe, très tôt, ne comptera plus sur l'échelle mondiale.

Qui serait aux commandes de cette armée ?

C'est ça qui est à construire. Ce que je remarque, c'est que quand on veut coopérer on y arrive et on trouve des solutions. Donc, il n'est pas temps de léguer notre souveraineté à l'Union européenne, mais de faire des choses intelligentes ensemble pour employer des moyens ensemble et se faire respecter, avoir un renseignement commun, se protéger contre les attaques dans le cyberespace. C'est à la portée, mais c'est indispensable. L'Europe ne peut pas se faire piller, dépendre des autres en matière de transformation numérique et de sécurisation de cet espace.