13h15, France 2

VIDEO. Au cœur de la bataille navale pour la coquille Saint-Jacques, le petit chalutier français "Sachal'éo" a bien failli couler

"Le choc a été impressionnant. Ce sont quand même des trente et quarante mètres. Nous, on est ridicules à côté", explique Franck Tousch. C'est le patron du coquillier pris en sandwich entre deux gros chalutiers anglais dans la nuit du 28 août… Extrait du magazine "13h15 le samedi" du 13 octobre 2018.

Dans la nuit du 28 août 2018, trente-cinq bateaux normands ont cherché à faire fuir cinq navires britanniques d'un gisement de coquilles Saint-Jacques au large de la baie de Seine, à plus de 12 milles nautiques (un peu plus de 22 km) des côtes françaises. Entre fumigènes et injures, certains navires ont joué aux bateaux-béliers en fonçant sur d’autres.

Dans cette bataille navale franco-britannique, le Sachal’éo, le coquillier de Franck Tousch, a été le plus endommagé de tous. Il aurait presque pu couler, pris en sandwich entre deux gros navires anglais. Son patron décrit les dégâts causés à son bateau mis en cale sèche pour procéder aux réparations. "Tout le bois est à refaire, le plastique a craqué jusque dans la machine. La passerelle a bougé et tout s’est décollé. Y a du boulot !"

"Il a mis un coup de barre pour nous foncer dedans"

Cette nuit-là, Franck est à la barre du plus petit des bateaux visibles sur des images qui ont fait le tour du monde. Coincé sur bâbord et abordé sur tribord, le chalutier français risque d’être broyé entre les gros concurrents anglais. Ils sont sur zone pour pêcher à grande échelle les coquilles Saint-Jacques, en dehors du calendrier imposé aux Français : "Le choc a été impressionnant. Ce sont quand même des trente et quarante mètres. Nous, on est ridicules à côté."

"J’ai eu de la chance, parce que c’est un bateau en plastique. Ça a rebondi. En bois, il aurait été écrasé. La chance…", explique le pêcheur en colère qui accuse le coup. Et un autre aussi a eu peur. Son matelot Charles a, de son côté, failli tomber par dessus bord : "Il a mis un coup de barre pour nous foncer dedans. J’ai été éjecté et je me suis retenu aux barreaux. C’était chaud à certains moments. Ce sont les risques du métier. Avant, j’étais militaire, donc…"

Extrait de "La bataille de la coquille Saint-jacques", diffusé dans le magazine "13h15 le samedi" du 13 octobre 2018.

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