Sécheresse : "On monte du foin pour tenir", l'inquiétude des éleveurs pour leur troupeau dans les alpages

Confrontés à la sécheresse dans les alpages, les éleveurs du massif des Bauges piochent dans leur réserve de fourrage et envisagent de redescendre leurs vaches.

Article rédigé par
Christophe Vincent, édité par Valentin Moylen - franceinfo
Radio France
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Temps de lecture : 2 min.
Une vache dans les prairies suisses de La Chaud-de-Fonds, le 22 juillet 2022. (Photo d'illustration). (FABRICE COFFRINI / AFP)

À 1 400 mètres d'altitude, l'herbe est jaunie, grillée, et de plus en plus rare. Arnaud et Roman Dumoulin sont installés à La Compote, en Savoie. Comme beaucoup d'autres éleveurs du territoire, ils font de la tome des Bauges. Ils passent l'été dans les alpages avec une trentaine de vaches de race montbéliarde et d'abondance. Mais cette année, les montagnes sont brûlées par le soleil, les vaches manquent cruellement de nourriture. De quoi s'inquiéter d'une baisse de la production de lait.

"Je ne sais pas où cela va nous mener"

Pour l'instant, les deux frères maintiennent leur troupeau dans les alpages. "On ne fait pas le lait des autres années. Là, on va essayer de tenir jusqu'à fin août, encore trois semaines. On va essayer de tenir, mais en montant du foin", s'inquiète Romain. Habituellement, il n'est pas question de "monter du foin". Les bêtes redescendent normalement des alpages début octobre. Elles retrouveront les champs de la vallée à la fin du mois d'août "sachant qu'en bas, on ne va pas avoir de l'herbe jusqu'au 20 octobre comme les autres années", estime Romain. "Je ne sais pas où cela va nous mener, déplore-t-il. 

Fin juillet, il a plu 15 millimètres, trop peu. Le 29 juillet, la préfecture de Savoie a placé l'ouest du département et du même coup le massif des Bauges en situation de crise, soit le plus haut niveau sur l’échelle de la sécheresse. "Si ça continue comme ça l'année prochaine, ça va être difficile", lâche Romain Dumoulin.

L'abattoir comme solution&nbsp

Faute de sources, des éleveurs montent des citernes d'eau dans les alpages. En bas, à Bellecombe-en-Bauges, Anaïs Jouan a entamé son foin d'hiver et elle a envoyé des vaches à l'abattoir. "Pour un troupeau de 60, on en a fait partir sept en deux semaines [à l'abattoir]". Le manque actuel de nourriture et les faibles réserves pour l'hiver pousse cette éleveuse à réduire la taille de son troupeau. 

"Le choix a été de ne pas les garder puisque ça fait toujours un peu moins de bêtes à nourrir". 

Anaïs Jouan, éleveuse dans le massif des Bauges

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L'éleveuse a calculé ses coûts de production et avec le fourrage dès l'été, ce n'était plus rentable. "Le calcul est vite fait, donc elles sont parties", souligne-t-elle.

À Lescheraines, la coopérative laitière produit des Margériaz et bien sûr de la tome des Bauges. Thierry Bock, son président se souvient de la sécheresse de 2003, mais "les répercussions étaient moindres que cette année", estime-t-il. Il constate "une forte baisse de la collecte". Ici, on s'inquiète beaucoup pour la production de la tome cet automne et même "pour la suite de l'année". "Moins de lait qui rentre dans nos ateliers, moins de fromages fabriqués donc, au bout du compte, moins de fromages à commercialiser", résume-t-il.

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