Sécheresse : les récoltes anticipées du "maïs qui a brûlé sur place" pourraient bousculer les prix du lait et du bœuf

Alors qu’une troisième période de canicule embrase le territoire français, les producteurs de maïs sont forcés d’anticiper de plusieurs semaines les récoltes. Les basses quantités et la qualité nutritive limitée en obligent une partie à vendre leur cheptel.

Article rédigé par
Thomas Giraudeau - franceinfo
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 1 min.
Maïs en période de sécheresse, une partie endommagé, une partie plus préservée sur une exploitation de Vieillevigne en Loire-Atlantique, en juillet 2022. (CELINE LOIZEAU / RADIO FRANCE)

D'habitude, Cédric Mandin récolte au mois de septembre ses 60 hectares de maïs et procède à l’ensilage (mise en silo pour conservation) de ceux qui servent uniquement à l'alimentation de ses 600 bovins. Mais là, l'agriculteur vendéen va tout couper dès mercredi.

"Malheureusement, on a un maïs qui a brûlé sur place, on a une plante qui n’a pas d’épis. Evidemment, elle n’aura que peu de valeur nutritive voire pas de valeur du tout."

Cédric Mandin, exploitant vendéen

à franceinfo

En plus d’une valeur nutritive limitée qui ne permettra pas de nourrir ses bovins, les maïs récoltés sont bien moins nombreux qu’à l’accoutumée. "On va être sur 50 à 60% de moins que l'année dernière", avance l’exploitant.

Des chiffres, loin de ceux de 2021 et de sa récolte exceptionnelle. Heureusement pour lui, Cédric Mandin a encore des stocks de cette année record. Mais il doit déjà puiser dedans, la sécheresse ayant brûlé l'herbe à brouter des prairies.

Une vente obligée des cheptels

S’il fait partie des plus chanceux, l'éleveur pense aussi à ses voisins, collègues qui ont moins de réserves et vont devoir acheter d'autres céréales, d'autres aliments pour nourrir leurs vaches. Problème, en ce moment, "c'est très cher vu les envolées de prix qu’on a connues depuis le printemps. On n'a pas forcément la trésorerie pour pouvoir l'acheter", appuie-t-il.

Face à cela, une seule solution s’impose pour certains : vendre une partie de leur cheptel. "La conséquence directe d’une production moindre pour ceux qui sont en production laitière, c’est qu’il peut y avoir des animaux en surnombre qui vont arriver sur le marché de la viande", abonde Michel Moquet, de l'institut du Végétal.

La sécheresse pourrait donc faire augmenter le prix du lait et baisser celui de la viande de bœuf dans les prochains mois.  

Sécheresse : les conséquences des récoltes anticipées de maïs - Reportage de Thomas Giraudeau
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