Néonicotinoïdes dangereux pour les abeilles : "La France est championne d'Europe de la dérogation pour l'utilisation de produits interdits"

Les apiculteurs ont demandé jeudi la fin de l’utilisation des néonicotinoïdes, considérés comme des "tueurs d'abeilles". Spécialiste de la question, Benjamin Sourice regrette l'influence des lobbys.

Des abeilles sur le cadre d\'une ruche, le 7 avril 2017.
Des abeilles sur le cadre d'une ruche, le 7 avril 2017. (MAXPPP)

Malgré l'interdiction par l'Union européenne de trois néonicotinoïdes dangereux pour les abeilles, les apiculteurs expriment leur inquiétude. Ils ont manifesté, jeudi 7 juin à Paris, pour réclamer un plan de soutien et de sauvegarde des abeilles. Le ministre de la Transition écologique, Nicolas Hulot, est allé à leur rencontre pour les rassurer. "En 30 ans d'arrivée sur le marché, c'est 80% des insectes qui ont disparu. Le véritable consensus de la science aujourd'hui demande l'interdiction pure et simple des néonicotinoïdes", affirme, sur franceinfo, Benjamin Sourice, spécialiste des questions de lobbying.

Un lobbying puissant pour éviter l'interdiction de pesticides

Il dénonce les pratiques des différents acteurs qui empêchent la mise en place l'interdiction de ces pesticides "tueurs d'abeille". "La France est championne d'Europe de la dérogation pour l'utilisation de produits qui ont été interdits au niveau européen", déplore Benjamin Sourice. 

Les grandes entreprises industrielles mettent en place la stratégie du doute, qui consiste à produire des contre-expertises soi-disant scientifiques afin de nier l'existence de tout problème avec leurs produitsBenjamin Souricefranceinfo

Le spécialiste des lobbys pointe également du doigt le "conflit entre Stéphane Travert [ministre de l'Agriculture] et Nicolas Hulot" sur la question des néonicotinoïdes, "de la même manière qu'avec le glyphosate"

Un désaccord que regrette Marie Giorgi, apicultrice sur la presqu'île de Crozon dans le Finistère. "Il faut changer de modèle agricole et que le ministère de l'Agriculture et le ministère de la Transition écologique travaillent ensemble", dit cette professionnelle, qui a perdu 80% de sa récolte en 2018.