Des associations organiseront un "Mois sans alcool" en janvier, sans le soutien de l'Etat

Des associations et des médecins addictologues avaient dénoncé l'abandon du projet gouvernemental sous la pression, selon eux, du lobby du vin.

Parmi les signataires, le Fonds Actions Addictions, des associations d\'addictologues (SFA, FFA et ANPAA...), la Ligue contre le cancer, la mutuelle MGEN, ainsi que des associations de patients, d\'usagers de la santé, d\'étudiants.
Parmi les signataires, le Fonds Actions Addictions, des associations d'addictologues (SFA, FFA et ANPAA...), la Ligue contre le cancer, la mutuelle MGEN, ainsi que des associations de patients, d'usagers de la santé, d'étudiants. (AMAURY CORNU / HANS LUCAS / AFP)

L'opération "Mois sans alcool" aura bien lieu, sans le soutien de l'Etat. C'est ce qu'ont assuré, mardi 3 décembre, une vingtaine d'associations, qui animeront cette campagne destinée à faire "une pause" dans sa consommation d'alcool. Des associations et des médecins addictologues avaient dénoncé l'abandon du projet sous la pression, selon eux, du lobby du vin. Aussi, plusieurs associations ont décidé de s'unir "pour promouvoir cette campagne inédite" en partenariat avec Alcool Change UK, à l'origine du concept de "Dry January", organisé au Royaume-Uni depuis 2013, indiquent-elles dans un communiqué.

Elles invitent à "relever le 'défi de janvier'", c'est-à-dire à faire une "pause" dans sa consommation d'alcool "pendant un mois pour donner du répit à votre corps (et votre porte-monnaie), mais également faire le point sur la place qu'occupe l'alcool dans votre quotidien et votre sociabilité""Les bénéfices sont prouvés : perte de poids, meilleur sommeil, regain d'énergie, meilleure concentration et, à terme, une consommation d'alcool mieux maîtrisée", selon les associations.

Parmi les signataires, le Fonds actions addictions, des associations d'addictologues, la Ligue contre le cancer, la mutuelle MGEN, ainsi que des associations de patients, d'usagers de la santé, d'étudiants (France assos santé, Aides, France patients experts, la Fage...) et de lutte contre les addictions en entreprise (Adixio).

"Pas de Janvier Sec"

L'agence sanitaire Santé publique France n'a jamais annoncé officiellement le lancement de cette opération de sensibilisation aux risques de l'alcool. Une source interne avait tout de même expliqué en novembre à l'AFP que le projet avait effectivement été préparé et aurait dû être dévoilé prochainement. Toutefois, le projet de janvier sec" "n'avait pas été validé par le ministère de la Santé", avait affirmé le 21 novembre la ministre Agnès Buzyn. Elle avait ajouté que la campagne était "en train d'être travaillée" et qu'elle ne lui avait "pas été proposée".

La perspective de l'adaptation en France du "Dry January" sous l'égide des pouvoirs publics suscitait depuis plusieurs semaines l'opposition du lobby de l'alcool. Le 14 novembre, lors d'un déplacement en Champagne, le président de la République Emmanuel Macron a rencontré des représentants de la filière. "Vous pouvez faire savoir qu'il n'y aura pas de Janvier Sec, nous a-t-il dit", avait alors assuré le coprésident du Comité Champagne, Maxime Toubart, au site spécialisé Vitisphère. Les services de l'Elysée n'avaient ni confirmé ni infirmé ces propos prêtés au président.