La maladie du "dragon jaune" menace les oranges et les citrons européens, avertit l'Anses

Cette maladie, contre laquelle il n'existe aucun moyen de lutter pour le moment, est déjà présente au Portugal et en Espagne. Elle provoque des pertes de rendement et la mort des arbres.

Des citrons atteints de la maladie du dragon jaune, le 9 avril 2018 dans les locaux du CIRAD (Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement) de Petit-Bourg, en Guadeloupe.
Des citrons atteints de la maladie du dragon jaune, le 9 avril 2018 dans les locaux du CIRAD (Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement) de Petit-Bourg, en Guadeloupe. (HELENE VALENZUELA / AFP)

Attention aux agrumes. L'Anses a confirmé mercredi 3 juillet un "risque élevé" d'introduction de la maladie du huanglongbing, dite "du dragon jaune", dans les cultures d'agrumes en Europe. "Le climat favorable, la présence des agrumes, le potentiel adaptatif des bactéries et la capacité d'établissement des insectes vecteurs en dehors de leur zone d'origine" sont autant de facteurs de risque, avertit l'agence dans son rapport.

La maladie du huanglongbing (HLB) constitue l'une des menaces les plus importantes pour les cultures d'agrumes dans le monde, puisqu'elle provoque des pertes importantes de rendement, une diminution de la qualité des fruits et peut conduire à la mort des arbres, selon l'Anses. La région méditerranéenne reste l'une des seules exemptes de cette maladie, qui touche de nombreux pays producteurs en Asie du Sud-Est, en Amérique et en Afrique, et est également présente en Outre-mer dans les Antilles et sur l'île de La Réunion.

Aucune mesure pour l'éradiquer

"Il n'existe aucune mesure efficace pour l'éradiquer", écrit l'Anses dans son rapport. Le psylle Trioza erytreae, l'un des deux insectes vecteurs de la bactérie Candidatus Liberibacter spp., à l'origine de la maladie, est "d'ores et déjà présent au Portugal et en Espagne et pourrait disséminer la maladie", analyse l'agence. Elle explique que la maladie peut apparaître plusieurs années après l'établissement de l'insecte vecteur dans une région donnée, comme en Floride où la bactérie a été détectée sept ans après.

L'Anses a été saisie par la Direction générale de l'alimentation (DGAI) le 31 octobre 2016, après que la présence de la maladie a été suspectée au Portugal durant l'été 2015. La maladie avait été signalée la même année en Egypte, pays exportateur de d'agrumes vers le territoire européen. L'Anses rappelle donc l'importance de respecter la réglementation européenne, qui interdit l'importation d'agrumes destinés à la plantation, et de renforcer la surveillance.

Des actions de sensibilisation auprès des voyageurs, qui pourraient passer les frontières sans contrôle avec des végétaux de la famille des agrumes, et auprès des pépiniéristes sur les risques liés aux agrumes commercialisés en ligne, sont recommandées. L'agence souligne aussi la nécessité de "poursuivre des programmes de recherche sur la sélection d'espèces ou de variétés au moins partiellement résistantes au HLB et la lutte biologique contre les insectes vecteurs".