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La Cour des Comptes épingle le gouvernement sur la réduction des pesticides

"Dix ans après, les objectifs fixés ne sont pas atteints", souligne l'institution, qui demande à ce que l'Etat favorise "l'émergence de produits de susbstitution".

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Un agriculteur français asperge un champ de glyphosate à Saint-Germain-sur-Sarthe (Sarthe), le 16 septembre 2019. (JEAN-FRANCOIS MONIER / AFP)

Pan sur le bec. La Cour des Comptes épingle la politique de réduction des pesticides agricoles, qui est selon elle "très en deçà des objectifs" en 2018, malgré quelque "400 millions d'euros" consacrés à ce dossier par l'Etat.

"En dépit de ces actions et de la mobilisation de fonds publics (...), plusieurs travaux d'évaluation ont dressé un bilan réservé de l'action menée. La Cour constate, pour sa part, que les effets des plans Écophyto demeurent très en deçà des objectifs fixés", indique-t-elle dans un référé datant de novembre 2019 et rendu public mardi 4 février.

Une demande de transparence accrue

La consommation de produits phytosanitaires en agriculture a augmenté de 21% en France en 2018, selon un bilan en janvier du Plan Ecophyto 2, chapeauté par quatre ministères : Agriculture, Santé, Recherche et Transition écologique.

Depuis le Grenelle de l'environnement fin 2007, qui avait fixé un objectif de réduction de 50% de l'usage des pesticides de synthèse en 10 ans, les deux plans successifs mis en oeuvre, Ecophyto 1 et 2, ont abouti à des échecs. En avril, le gouvernement a donc tenté pour la troisième fois de désintoxiquer l'agriculture des excès de la chimie en lançant un plan Ecophyto 2+.

"Dix ans après, les objectifs fixés ne sont pas atteints", souligne la Cour des Comptes, qui estime que "plusieurs leviers peuvent favoriser l'évolution des pratiques agricoles", tels l'émergence de produits de substitution. Elle demande également plus de transparence au niveau de la dépense des fonds publics, et de la consommation de ces produits en France.

La Cour recommande ainsi de "publier et rendre accessibles au public, chaque année, les données et les analyses rendant compte de la politique menée, des substances actives émises et de leurs effets sur la santé humaine et sur l'environnement, notamment sous forme de cartographies".

D'autres produits préoccupants moins utilisés

Dans sa réponse aux critiques de la Cour, datée du 3 février, le Premier ministre Edouard Philippe reconnaît que les objectifs ne sont pas atteints mais liste toutes les mesures déjà engagées par le gouvernement pour y remédier, notamment dans la loi Egalim (issue des états-généraux de l'alimentation) d'octobre 2018.

Par ailleurs, le Premier ministre rappelle que "les quantités de produits phytopharmaceutiques les plus préoccupants pour la santé et l'environnement ont diminué, entre 2009-2011 et 2016-2018, de 15% pour les produits dits 'CMR 1' et de 9% pour les produits dits 'CMR 2' (en moyenne triennale)". Les CMR sont considérés comme cancérogènes, mutagènes, et toxiques pour la reproduction.

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