Cet article date de plus d'un an.

Aides d'urgence pour les éleveurs : "C'est un geste réel et c'était très important", indique le député LREM Jean-Baptiste Moreau

Le député LREM Jean-Baptiste Moreau réagit samedi sur franceinfo à l'annonce par Jean Castex du déblocage de 60 millions d'euros d'aides d'urgence aux éleveurs les plus en difficulté.

Article rédigé par
Radio France
Publié
Temps de lecture : 2 min.
Jean-Baptiste Moreau, le 6 mars 2021, à Tours. (GUILLAUME SOUVANT / AFP)

Lors d'un déplacement en Creuse, le Premier ministre Jean Castex a annoncé samedi le déblocage de 60 millions d'euros d'aides d'urgence aux éleveurs les plus en difficulté, qui ont gagné moins de 11 000 euros en 2020, tout en incitant la filière à continuer à se restructurer.

"C'est un geste réel et c'était très important", a réagi samedi 6 mars sur franceinfo Jean-Baptiste Moreau, député LREM de la Creuse et agriculteur. "Jean Castex et Julien Denormandie (le ministre de l'Agriculture) étaient en Creuse. Ils ont pu prendre conscience de la détresse des éleveurs qui ont perdu encore 20% sur leurs revenus en 2020 par rapport aux années précédentes, notamment à cause du Covid", souligne Jean-Baptiste Moreau. "De revenus qui étaient déjà très bas, on est passé à des revenus catastrophiques. On est passé quasiment de 11 000 euros annuels de moyenne à même pas 8 000 euros annuels sur 2020, donc beaucoup moins de 1 000 euros par mois pour 75 heures de travail. Donc ce n'est plus possible. Ce n'est plus tenable."

Un "record à la baisse des installations"

L'agriculteur déplore "un record à la baisse des installations" dans le Massif Central. "On a eu 25 installations l'année dernière pour une centaine de départs à la retraite. Ce qui veut dire qu'il y a un quart des exploitations qui sont remplacées". Selon lui, il était donc "important de prendre des mesures d'urgence". Au-delà, il estime qu'il faut "prendre des mesures structurelles", car la loi Egalim (loi pour l'équilibre des relations commerciales dans le secteur agricole et alimentaire et une alimentation saine, durable et accessible à tous), "dont j'étais le rapporteur, ne porte pas ses effets sur le terrain". Cette situation n'est pas seulement due au Covid, selon Jean-Baptiste Moreau.

"Les revenus sont structurellement bas dans l'élevage depuis une bonne vingtaine d'années. L'élevage n'a connu quasiment que des bas et il y a un problème structurel d'organisation de la profession et de la filière qu'il va falloir résoudre au plus vite."

Jean-Baptiste Moreau

à franceinfo

Le député LREM en appelle à l'Etat pour revoir "le cadre du droit à la concurrence européenne qui, aujourd'hui, n'est plus du tout adapté si on veut sauver nos fermes familiales". C'est le type de ferme "qui souffre, qui est la plus protectrice de l'environnement, et c'est celle aujourd'hui que le consommateur souhaite". Ce sont "des exploitations à taille humaine où le bien-être animal est pris en compte, où l'environnement est protégé. Sauf que concurrentiellement, on n'y arrive pas. Au niveau des prix, ça ne passe pas", martèle Jean-Baptiste Moreau.

Prolongez votre lecture autour de ce sujet

tout l'univers Agriculture

Commentaires

Connectez-vous à votre compte franceinfo pour participer à la conversation.