La reprise économique attendue pour début 2015, selon l'Insee, mais pas la baisse du chômage

Le taux de chômage, qui a dépassé la barre des 10% de la population active fin 2014, devrait continuer à augmenter jusqu'à 10,2% en métropole mi-2015. 

L\'Institut national de la statistique et des études économiques prévoit une croissance du produit intérieur brut français (PIB) de 0,4% au premier trimestre et de 0,3% au deuxième trimestre 2015.
L'Institut national de la statistique et des études économiques prévoit une croissance du produit intérieur brut français (PIB) de 0,4% au premier trimestre et de 0,3% au deuxième trimestre 2015. (LOIC VENANCE / AFP)

La reprise se fait attendre, mais elle arrive. Dans sa note de conjoncture publiée jeudi 2 avril, l'Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) prévoit une reprise de l'activité économique lors de la première moitié de l'année 2015.

Toutefois, elle sera encore insuffisante pour enrayer la hausse du chômage ou provoquer le "déclic" de l'investissement des entreprises tant attendu par le gouvernement. Retour sur  des prévisions qui, pour le ministre des Finances, Michel Sapin, justifient "le maintien du cap" de la politique économique du gouvernement. 

Une croissance à plus de 1% envisageable...

L'Insee prévoit une croissance du produit intérieur brut français (PIB) de 0,4% au premier trimestre (révision légèrement en hausse par rapport à l'estimation de décembre) et de 0,3% au deuxième trimestre. Ces prévisions confortent la position du gouvernement, qui prévoit 1% sur l'année, mais qui espère aussi aller au-delà. Or, si le scénario conjoncturel de l'Insee se réalise, le PIB à mi-2015 aura crû de 1,1% par rapport à mi-2014.

"Le 1% pour l'année 2015, perçu par beaucoup comme irréaliste il y a quelques mois, apparaît aujourd'hui comme un plancher", s'est félicité le ministre des Finances.

Quant au commerce extérieur, malgré les bons effets de la baisse de l'euro sur les exportations, il devrait avoir une influence marginale sur la croissance cette première moitié d'année.

... mais sans baisse du chômage. Au contraire

Si les chiffres de la croissance s'améliorent, le taux de chômage, lui, va encore augmenter, selon l'Insee. Lui qui a atteint la barre des 10% de la population active fin 2014, devrait ainsi continuer à augmenter jusqu'à 10,2% en métropole mi-2015, retrouvant un niveau inégalé depuis près de vingt ans, fin 1997. Les économistes et le gouvernement estiment en effet qu'il faut au moins 1,5% de croissance pour faire baisser le chômage.

"On s'attend à une légère augmentation de l'emploi total, de l'ordre de 20 000 emplois. Mais la population active augmente d'environ 60 000 personnes, donc on observera une hausse du taux de chômage, sur le même rythme que les trimestres précédents", a expliqué Vladimir Passeron, chef du département conjoncture de l'Insee. 

... et sans reprises des investissements, pour l'instant

Enfin, la confiance des entrepreneurs ne revient pas, puisque leurs investissements resteront "atones" au premier semestre, malgré un "net redressement" du taux de marge des entreprises, selon l'Insee. 

Si les perspectives d'investissements dans l'industrie augmentent légèrement, celles des services grèvent la prévision (0% en moyenne au premier trimestre, 0,1% au deuxième). Le gouvernement doit annoncer de nouvelles mesures pour inciter les entreprises à investir et, pour l'Insee, "les conditions sont réunies" pour une reprise de l'investissement.

En effet, détaille l'Institut, le taux de marge des entreprises s'est nettement redressé, retrouvant son niveau de 2011 (31,3%). Il l'explique par l'effet conjugué de la baisse de l'euro, du crédit d'impôt compétitivité emploi et des premières baisses de cotisations patronales prévues dans le pacte de responsabilité, mais aussi des conditions de financement favorables et un prix du pétrole qui reste bas.

Toutefois, l'Insee relativise l'impact négatif de la faiblesse de l'investissement sur la reprise économique : "Le taux d'investissement français n'a pas baissé autant en France que dans d'autres pays pendant la crise, il n'y a pas de rattrapage nécessaire, a expliqué Laurent Clavel, chef de la division synthèse conjoncturelle de l'Insee. Historiquement, la plupart des redémarrages économiques s'accompagnent d'un investissement suiveur, pas moteur."

Une accélération du pouvoir d'achat 

Dans l'immédiat, l'activité sera portée par la consommation des ménages, traditionnel moteur de croissance en France. Celle-ci se fera en lien avec une "accélération du pouvoir d'achat", selon l'Insee, grâce à la baisse des prix des carburants, mais aussi au "moindre dynamisme des prélèvements obligatoires".