VIDEO. Quand le gouvernement reconnaît son "échec" face au chômage

Après l'annonce d'un nouveau record du nombre de demandeurs d'emploi en septembre, l'exécutif a reconnu qu'il n'avait "pas réussi" sur le front de l'emploi.

RTL / FRANCE TELEVISIONS

François Hollande se refuse à commenter le nouveau record du chômage en septembre. Mais au sein du gouvernement, on n'hésite plus à faire un constat d'échec, face aux 3,43 millions de demandeurs d'emploi sans activité en métropole. Le ministre du Travail, François Rebsamen, a été le premier à lâcher le mot interdit, vendredi 24 octobre. Quelques jours plus tard, le Premier ministre, Manuel Valls, ne l'a pas contredit. Quant au précédent détenteur du portefeuille du Travail, Michel Sapin, il concède lui aussi qu'il n'a pas atteint l'objectif présidentiel. Voici comment un tabou est tombé.

24 octobre : Rebsamen reconnaît un "échec"

"Soyons honnêtes : nous sommes en échec", déclare François Rebsamen dans un entretien au Parisien, juste après l'annonce des nouveaux chiffres du chômage. "On a beau faire feu de tout bois, tant qu'une croissance plus forte n'est pas là, il n'y a pas assez de création d'emplois", explique-t-il. 

Il semble même accuser son prédécesseur : "On aurait dû faire preuve de plus de pédagogie, ne pas laisser penser que les choses se feraient plus vite qu’elles ne se font." Et il reconnaît : "A titre personnel, devoir annoncer chaque mois une augmentation du chômage, c’est une souffrance."

28 octobre : il qualifie cet "échec" de "collectif"

Quatre jours plus tard, face aux réactions provoquées par sa sortie, le ministre du Travail atténue sa critique du gouvernement en accablant les gouvernements précédents, donc la droite. Le chômage est "un problème collectif", dit le ministre, rappelant que depuis 1975, "la richesse du pays a été multipliée par deux et le taux de chômage a été multiplié par quatre".

"En matière de chômage, c'est un échec collectif, ce n'est pas le gouvernement qui est en échec, parce que les autres l'étaient aussi, nous sommes en échec collectif, et il faut répondre à cela ensemble, c'est ce que j'ai voulu dire", déclare-t-il à l'Assemblée, lors d'une audition en commission sur le budget 2015.

29 octobre : Valls concède qu'il "n'a pas réussi"

Le lendemain, le Premier ministre appuie les propos de son ministre et les complète. "Il faut toujours dire la vérité aux Français. François Rebsamen a dit qu'il y avait un échec et que nous étions en échec sur le chômage. Quand on a plusieurs millions de chômeurs depuis des années, on constate malheureusement qu'on n'a pas réussi à changer cette donne", estime Manuel Valls, au micro de RTL.

"Et en même temps, il a dit - et on n'a pas retenu l'ensemble de son propos - que nous faisions tout précisément pour lutter contre le chômage", ajoute-t-il, soucieux de défendre sa politique.

30 octobre : Sapin admet que ce n'est "pas une réussite"

Qu'en pense Michel Sapin, ministre du Travail jusqu'à fin mars avant d'obtenir le portefeuille des Finances ? "Quand on voit que le chômage augmente (...), évidemment, par définition, on ne peut pas dire que ce soit une réussite", déclare-t-il sur RTL.

Mais pourquoi refusait-il alors jusque-là de commenter les déclarations de son successeur ? Michel Sapin répond : "Je suis quelqu'un qui essaye de faire toujours en sorte que les gens s'aiment." 

Le ministre du Travail, François Rebsamen, accompagne le Premier ministre Manuel Valls, le 25 septembre 2014, lors d\'un déplacement à Arras (Pas-de-Calais).
Le ministre du Travail, François Rebsamen, accompagne le Premier ministre Manuel Valls, le 25 septembre 2014, lors d'un déplacement à Arras (Pas-de-Calais). (PHILIPPE HUGUEN / AFP)