Pauvreté en France : un nouvel outil pour mesurer le nombre de bénéficiaires des minimas sociaux

Un nouvel outil du ministère de la Santé, pour mesurer quasiment en temps réel le nombre de bénéficiaires des minimas sociaux, a été publié pour la première fois. Cette première estimation confirme la forte hausse jusqu'ici avancée par les associations caritatives.

Article rédigé par
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min.
Demande de RSA (illustration). (NICOLAS KOVARIK / MAXPPP)

C’est un triste record. Fin octobre, 2 070 000 personnes percevait un RSA (revenu de solidarité active), une prestation sociale versée par les départements. Cela représente une hausse de 8,5% sur un an. Du jamais vu depuis sa création. Le tableau de bord montre que le nombre de bénéficiaires a grimpé dès le mois de mars, date du premier confinement lié à l'épidémie de Covid-19, et que la hausse a été continue jusqu’à fin août en raison de la forte détérioration du marché du travail.

Cette augmentation sans précédent s’explique par le faible nombre de sorties, ceux qui étaient déjà au RSA y sont restés. Et ils ont été rejoints par un nombre important de personnes qui avaient déjà bénéficié du RSA par le passé. En revanche, le nombre de de primo accédant, ceux qui touchent le RSA pour la première fois, est comparable à celui d’avant crise.

Flambée aussi du nombre de chômeurs en fin de droits

Fin septembre, les chômeurs en fin de droits, ceux qui basculent dans l’allocation de solidarité spécifique, étaient un peu plus de 380 000, en progression de 6% sur un an. Les données montrent que cette hausse s’est produite à partir de juin, après l’arrêt, donc, des mesures protectrices qui avaient permis de prolonger l’indemnisation pendant le premier confinement. Par ailleurs, la réforme de l’assurance chômage, qui a durcit fin 2019 la règle pour recharger des droits à l’assurance chômage, contribue à cette hausse. Elle  a pénalisé des chômeurs en fin de droit, dans un marché du travail très dégradé.

Un million de pauvres en plus

Il y quelques semaines, les associations de lutte contre la pauvreté ont affirmé que la crise était en train de générer un million de pauvres en plus. Et cela a soulevé beaucoup d’interrogations, indique le ministère de la Santé. Le problème, c’est que les indicateurs de pauvreté de l’Insee, arrivent beaucoup trop tard, ils sont publiés avec un écart de 12 à 18 mois minimum.

Avec ce nouveau tableau de suivi des principales prestations sociales, le ministère fait remonter des données certes provisoires mais qui donnent une photographie quasiment en temps réel, au niveau national et dans chaque département. Cela permettra d’analyser plus finement et plus rapidement l’évolution de la précarité et de la pauvreté depuis le début de l’épidémie et d’adapter les politiques publiques, si nécessaire, indique l’entourage d’Olivier Véran. Ce tableau sera actualisé tous les mois et pourrait s’enrichir de nouveaux indicateurs, notamment sur la précarité étudiante.

Commentaires

Connectez-vous à votre compte franceinfo pour participer à la conversation.