Les réformes des retraites et de l'assurance chômage sont une "même attaque contre la protection sociale", selon le secrétaire confédéral de la CGT

En charge des négociations sur l'assurance chômage, Denis Gravouil a estimé samedi sur franceinfo, alors que la mobilisation contre la réforme des retraites entre dans son troisième jour, que le gouvernement "fait semblant d'écouter, n'a rien pris en compte et continue à avancer sans aucun dialogue".

Denis Gravouil, le 16 novembre 2018, à la sortie d\'une séance de négociations entre les partenaires sociaux sur la nouvelle convention d\'assurance chômage.
Denis Gravouil, le 16 novembre 2018, à la sortie d'une séance de négociations entre les partenaires sociaux sur la nouvelle convention d'assurance chômage. (ALEXIS SCIARD / MAXPPP)

Alors que la mobilisation sur les retraites s'installe dans la durée pour tenter de faire plier le gouvernement, Denis Gravouil, secrétaire confédéral de la CGT en charge des négociations sur l'assurance chômage, reproche au gouvernement son manque de dialogue. "On fait semblant de nous écouter", affirme-t-il. La réforme des retraites et la refonte de l'assurance chômage, entrée en vigueur en novembre, "c'est la même attaque contre la protection sociale", d'après le syndicaliste.

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franceinfo : Vous appelez à cette journée de mobilisation "contre le chômage et la précarité". Ce sont des combats que vous liez à tous les autres ?

Denis Gravouil : Cette journée est faite pour lutter contre la précarité et contre la réforme de l'assurance chômage qui vont flinguer les droits des chômeurs. C'est l'augmentation de la précarité qui est terrifiante, qui est une espèce de triple peine : on flingue les droits à l'assurance chômage, et en plus ça va avoir des répercussions à la retraite. C'est une bombe à retardement. (…) [Les réformes des retraites et de l'assurance chômage], c'est la même attaque contre la protection sociale. On revendique une protection sociale intégrale qui permette de couvrir tous ceux qui sont privés de travail, c'est même le fondement de la Sécurité sociale. On assure un revenu de remplacement à tous ceux qui en sont privés, que ce soit à la retraite ou quand on est au chômage ou quand on est en maladie.

Est-ce que vous espérez des concessions avant la présentation du projet de la réforme des retraites par Édouard Philippe mercredi ?

Le projet de loi pour l'instant on ne le connaît pas du tout. On sait juste les grands principes, on sait qu'ils sont dangereux, comme le principe de la réforme à points. Il y a eu des réunions générales, des réunions par secteur, mais quand on pose des questions, on n'a pas de réponse, on nous dit 'oui, on vous dira plus tard ce qu'il y aura et comment on va faire'. On ne sait absolument pas ce qu'il y a dans le projet de loi, on n'a aucune précision (…) On est dans un gouvernement qui veut faire des économies particulièrement sur les plus précaires. On fait semblant de nous écouter et on n'a rien pris en compte et on continue à avancer sans aucun dialogue.

Édouard Philippe dit qu'il y a aura une transition progressive pour les personnels de la RATP et la SNCF, ça ne change rien pour vous ?

Comment on peut croire que cette réforme est vachement bien pour tout le monde ? Ils nous disent 'elle est vachement bien, mais on ne vous l'appliquera pas à vous, on ne l'appliquera qu'à vos enfants'. C'est quand même particulièrement contradictoire cette histoire de la clause du grand-père. Ça me choque (…) On veut la retarder, c'est la preuve même que cette réforme est néfaste.