Emploi : la galère du recrutement pour les entreprises aux métiers manuels

 Les chiffres du chômage pour le premier trimestre de 2018 sont publiés ce mercredi 23 mai. Malgré le net recul enregistré fin 2017 et le retour de la croissance, bien des entreprises peinent à recruter, notamment dans la menuiserie.

Un atelier de travail du bois chez le fabricant de meubles de luxe Counot-Blandin.
Un atelier de travail du bois chez le fabricant de meubles de luxe Counot-Blandin. (JEAN-CHRISTOPHE VERHAEGEN / AFP)

Cédric Lachaumette est le président des ateliers de production Lachaumette Chapus, une PME francilienne de menuiserie et d'agencement qui fabrique du mobilier en bois sur mesure. Avec ses 46 salariés, il réalise 12 millions d'euros de chiffre d'affaires. 

"Nous travaillons pour les grands groupes internationaux, explique Cédric Lachaumette. Nous fabriquons des bureaux pour les étages de direction. Nous réalisons aussi des pièces pour des hôtels, de la moyenne gamme jusqu'au très haut de gamme, et pour des particuliers dans le haut de gamme."

Des départs en retraite sans relève

Après avoir subi la crise, l'activité est en plein redémarrage. Le carnet de commandes est rempli pour les 14 mois à venir. Problème : quatre menuisiers très qualifiés sont partis en retraite : un ébeniste, un opérateur sur commande numérique et deux poseurs. Et Cédric Lachaumette n'arrive pas à les remplacer. 

On paye une certaine politique qui a dénigré les métiers techniques ou manuels pendant des années.Cédric Lachaumetteà franceinfo

Il n'y a pas eu de formation et on se retrouve confrontés aujourd'hui à des départs en retraite qui ne peuvent pas être remplacés." 

La PME multiplie les contacts avec les CFA et les écoles du bois. Elle envoie des petites annonces, mais la concurrence est rude pour dénicher la perle rare. "C'est une vraie bagarre sur la région parisienne mais aussi avec la province, explique le patron. Tout le monde demande les meilleurs ouvriers. Pour les postes les plus qualifiés, on voit même apparaître des chasseurs de tête. C'est une vraie compétition."

Obligée de jongler en permanence

En attendant, l'entreprise est obligée de jongler en permanence. "C'est très problématique, car on ne peut pas faire face au flux tendu que nous avons. On est parfois obligé de sous-traiter une partie de notre activité, mais ça n'est pas viable à terme." Au point que s'il ne peut plus faire face à la demande, les clients pourraient disparaître, et l'entreprise devrait alors déposer le bilan... D'après Pôle emploi, plus de 10 000 postes de menuisiers sont à pourvoir cette année.