Téléconsultation : 8 arrêts de travail sur 10 sont délivrés à "des patients qui ont un médecin traitant" mais qui passent par un autre professionnel

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Le gouvernement veut arrêter, à partir de l'été 2023, de rembourser les arrêts de travail prescrits en téléconsultation par un médecin autre que le médecin traitant.

"Sur l’année dernière, 110 000 arrêts de travail ont été faits par téléconsultation. C’était deux fois plus que l’année précédente et ce sera deux fois plus cette année", indique ce mardi 27 septembre sur franceinfo François Braun, ministre de la Santé et de la Prévention. "Sur ces 110 000 arrêts de travail, dans 8 cas sur 10, ce sont des patients qui ont un médecin traitant et qui se sont fait faire un arrêt de travail par un autre médecin. Ça interroge", estime-t-il.

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Le gouvernement veut dérembourser ces arrêts de travail délivrés par téléconsultation par un médecin qui n'est pas le médecin traitant du patient, dans le cadre du projet de budget de la Sécurité sociale. Ces arrêts ont coûté "près de 100 millions d'euros l'an dernier", a expliqué le ministre des Comptes publics Gabriel Attal ce dimanche. Le gouvernement se questionne sur les conditions d'obtention de ces arrêts.

"Il faut que nous soyons extrêmement vigilants"

Le ministre de la Santé affirme sur franceinfo que les personnes qui se sont vu prescrire ces arrêts médicaux par téléconsultation sont "les mêmes" que celles qui obtiennent des arrêts médicaux lors de rendez-vous physiques avec un médecin. "Il n'y en a pas plus dans les zones que l'on appelle 'désert médical'", dément-il.

François Braun assure néanmoins que des "cas particuliers" pourront être "traités au coup par coup", par exemple si une "personne âgée qui est dans une zone sous-dotée, qui n'a plus de médecin traitant parce qu'il a arrêté de travailler, elle pourra recourir ponctuellement s'il le faut à un arrêt de travail" via téléconsultation avec un autre médecin.

"La téléconsultation est quelque chose de très utile, c'est un outil, mais comme tout outil qui se développe il faut que nous soyons extrêmement vigilants par rapport aux abus d'utilisation", prévient le ministre.

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