Suicides à France Télécom : le procès pour harcèlement moral s'ouvre devant la justice

À la fin des années 2000, 18 salariés de France Télécom se sont suicidés. Lundi 6 mai, plusieurs anciens dirigeants seront jugés à Paris, parmi eux, Didier Lombard, l'ex-PDG de l'entreprise.

FRANCE 2

"Il faut mettre un point d'arrêt à cette mode du suicide." Le 15 septembre 2009, alors que France Télécom connaît une vague de suicides préoccupante, les mots de l'ex-PDG Didier Lombard font polémique. Lundi 6 mai, il sera jugé à Paris, aux côtés d'anciens dirigeants. Mutations forcées, missions dévalorisantes, isolement, ses méthodes de management seront au cœur du procès. La justice a retenu le cas de 39 victimes, dont 18 suicides et 13 tentatives en deux ans.

Sept dirigeants devant la justice

Yonnel Dervin s'est planté un couteau dans le ventre lors d'une réunion : "Le geste est venu au moment où on m'a précisé que je n'étais plus bon à rien". Ce procès pourrait devenir un symbole de la souffrance au travail, car pour la première fois, un grand groupe français est jugé pour "harcèlement moral à grande échelle". Didier Lombard avait dû démissionner en 2011. Lui et les six autres anciens dirigeants poursuivis encourent un an de prison et 15 000 € d'amende.

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Didier Lombard, alors président de France Télécom, le 9 juin 2010 à Paris.
Didier Lombard, alors président de France Télécom, le 9 juin 2010 à Paris. (ERIC PIERMONT / AFP)