Infographies Chasse aux arrêts de travail "de complaisance" : les chiffres des arrêts-maladies en France

Alors que Bercy déclare la guerre aux arrêts-maladies de complaisance, franceinfo fait le point sur l'évolution et les motifs d'arrêts maladie en France ces dernières années.
Article rédigé par France Info - Claire Guédon
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Entre 2010 et 2022, les dépenses liées aux indemnités journalières ont augmenté de 3,8% par année en moyenne. (JULIO PELAEZ / MAXPPP)

Depuis le début de l'été, le gouvernement et l'Assurance maladie ont annoncé leur volonté de lutter contre d'éventuels "arrêts-maladies de complaisance". Face à l'augmentation du nombre d'arrêts prescrits et donc, de dépenses, la Cnam (Caisse nationale de l'assurance maladie), a lancé une campagne de surveillance des médecins. Depuis, 5 000 praticiens, jugés comme de "gros prescripteurs" ont reçu des courriers d'avertissement. En faisant plus de contrôles sur les arrêts-maladies, Bercy aimerait récupérer dix milliards d'euros. Il faut dire que les dépenses de l'Asurance-maladie ont augmenté ces dernières années en France.

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Dans un rapport publié en juillet 2023, l'Assurance-maladie parle d’une "dynamique à la hausse" des dépenses concernant les indemnités journalières, supérieures aux années d’avant la crise du Covid. Le montant de ces indemnités a en effet atteint 14 milliards d'euros en 2022, ce qui correspond à une augmentation moyenne de 3,8% par année. Mais derrière ces chiffres, il peut y avoir plusieurs explications

Le premier facteur, qui compte pour plus d'un tiers dans l'augmentation des dépenses, est tout simplement la hausse de la population active depuis dix ans, ainsi que le vieillissement de la population. Cette croissance fait automatiquement grossir le nombre de bénéficiaires d'indemnités journalières. Par exemple, le taux d’activité des 55-64 ans est passé de 43% à 60% entre 2010 à 2022.

La deuxième raison s'explique par l'augmentation de la durée moyenne d'arrêt-maladie. Les arrêts-maladies de plus de six mois représentaient 43% en 2011, contre 45% en 2022, et 46% en 2021. 

Aussi, le montant de l'indemnité journalière moyenne remboursée s'est accru ces dernières années. Cela s'explique notamment par l'augmentation annuelle du SMIC, qui est 4 points plus élevée en 2022 et 2023 par rapport à 2020. Une hausse du SMIC implique donc forcément une augmentation de l'indemnité journalière.

Enfin, l'Assurance-maladie pointe une augmentation du recours aux indemnités journalières, qui compte pour 14% de la hausse des dépenses. Dans les 9% restants, le rapport évoque notamment une augmentation des dispositifs de temps partiels thérapeutiques. 

Le retour des maladies infectieuses en 2022

En 2022, l'infection au Covid restait le premier motif de prescription d'arrêts-maladies, avec 9,7% des prescriptions. Mais le rapport de l'Assurance-maladie conclue également à une progression des motifs liés à des troubles de la santé mentale. Le syndrôme dépressif, notamment, représentait 8,8% des arrêts-maladies.

Enfin, le rapport note une nette progression des arrêts dus à des maladies infectieuses, comme la grippe, qui sont revenus parfois de plein fouet en 2022 après deux années de Covid et de confinement. Le nombre de prescriptions pour gastro-entérite, par exemple, a augmenté de près de 20% en un an.

Les chiffres de l'Assurance maladie utilisés pour ces deux dernières infographies ne correspondent qu'aux arrêts-maladies dématérialisés, qui représentent 66% des prescriptions. L'Assurance maladie précise également qu'ils se rapportent aux arrêts-maladies tels qu'ils sont prescrits par le médecin, et peuvent correspondre à un arrêt initial, ou une prolongation, et qui ne donne pas forcément lieu à une indemnisation. 

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