Hôpital : "J'ai démissionné des urgences"

Une médecin et une infirmière ont préféré quitter les urgences pour retrouver le goût de leur métier. 

FRANCE 3

À Épinal (Vosges), Mélanie Girardot a de nouveau plaisir à exercer son métier d'infirmière. Elle a quitté son poste à l'hôpital d'Épinal il y a un an et enchaîne depuis les remplacements en secteur libéral. "Cela n'a rien à voir avec le rythme infernal des urgences", confie-t-elle. Les urgences saturées, le manque de lits, de personnel.. Mélanie Girardot a fait avec pendant huit ans, malgré un salaire de 1 800 euros et l'épuisement. Et puis une nuit, confrontée une fois de plus à des patients agressifs, elle a craquée. "Je n'étais plus en capacité de faire mon travail correctement et j'ai failli transfuser le mauvais patient, donc j'ai failli tuer quelqu'un", raconte-t-elle. Elle se remet alors en question et quitte l'hôpital.  

D'urgentiste à médecin du travail   

À Béthune (Pas-de-Calais), après dix ans comme urgentiste à l'hôpital de Lens, la docteure Dhenain est devenue médecin du travail. Elle a repris pour cela une formation et son salaire est sensiblement le même qu'à l'hôpital. Mais elle a, dit-elle, repris le goût de son travail. "Nous sommes tributaires des décisions budgétaires qui font qu'aujourd'hui on n'a plus les moyens humains ni les moyens matériels de prendre en charge les gens correctement", explique-t-elle sur les urgences. 

Le JT
Les autres sujets du JT
Une banderole accrochée sur les grilles de l\'Agence de santé régionale (ARS) de Nantes (Loire-Atlantique), le 30 juin 2019. 
Une banderole accrochée sur les grilles de l'Agence de santé régionale (ARS) de Nantes (Loire-Atlantique), le 30 juin 2019.  (J?R?MIE LUSSEAU / HANS LUCAS / AFP)