Deux pilotes américains se disent victimes du syndrome aérotoxique et engagent une procédure contre Airbus

Les deux pilotes d’avions américains ont engagé un cabinet d'avocats de Bordeaux (Gironde) et ont engagé une procédure judiciaire contre Airbus devant le tribunal de grande instance de Toulouse (Haute-Garonne).

Des personnes à bord d\'un Airbus A350XWB, à Hanoï (Viêtnam), le 22 novembre 2014. (Photo d\'illustration)
Des personnes à bord d'un Airbus A350XWB, à Hanoï (Viêtnam), le 22 novembre 2014. (Photo d'illustration) (HOANG DINH NAM / AFP)

L'avionneur européen Airbus est mis en cause par deux pilotes d’avions américains. Ils ont engagé une procédure judiciaire devant le tribunal de grande instance de Toulouse (Haute-Garonne), car ils disent souffrir d’un syndrome aérotoxique après un vol effectué en juillet dernier, indique France Bleu Occitanie, mercredi 2 mai. France Bleu a contacté Airbus qui ne souhaite pas s’exprimer sur la procédure judiciaire en cours.

Un phénomène non reconnu

Le phénomène de "fume event", c'est-à-dire de syndrome aérotoxique, est un phénomène pour l’instant non reconnu. Il s'agit d'émanations toxiques qui pourraient passer dans le système de pressurisation des cabines dans certains cas de fuites d'huiles. "Des statistiques officielles suggèrent qu’un vol sur 2 000 souffre d’une contamination de haute intensité", indique sur son site l’association des victimes du syndrome aérotoxique, l’AVSA.

Les deux pilotes américains sont représentés par un cabinet d'avocats bordelais, BCV Lex. Me Chloé Lecomte explique que les conséquences de ces émanations se traduisent "par des étourdissements, une perte de force, un peu comme une ébriété". "On attend une expertise technique et médicale pour que leurs préjudices soient constatés", ajoute-t-elle.

C’est comme le scandale de l’amiante, mais dans le secteur aérien.Stéphane Pasqualinià France Bleu Occitanie

Pour Stéphane Pasqualini, chargé du dossier au Syndicat national du personnel navigant commercial (SNPNC), "c’est un secret de polichinelle qui date des années 50". Il travaille depuis trois ans dans une commission qui a pour objectif d'établir une norme pour contrôler l'air présent dans les cabines.

L'avocate des deux plaignants, Chloé Lecomte, souhaite qu’il y ait une reconnaissance de ce syndrome pour "qu’on arrête de les prendre pour des fous". Cette reconnaissance permettrait d’obliger les constructeurs aéronautiques comme Airbus ou d’autres constructeurs de changer "de pratique". "Tous les passagers sont concernés", pas uniquement les pilotes, insiste l’avocate.