Covid-19 : des salariés à risques s'inquiètent d'être obligés d'aller au travail

Un décret réduit l'accès au chômage partiel : les salariés vulnérables face au Covid-19 sont obligés d'aller travailler si l'entreprise leur garantit une bonne protection, ce qui provoque la colère de plusieurs associations.

Article rédigé par
Alice Kachaner - franceinfo
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min.
Deux salariés, avec masques et séparés par du plexiglas, dans une entreprise de Venissieux, près de Lyon, en aout 2020. (MAXIME JEGAT / MAXPPP)

Des personnes vulnérables poussées à se rendre sur leur lieu de travail ? Depuis un décret publié le mercredi 11 novembre, les règles du chômage partiel sont devenues plus restrictives pour les personnes à risques face au coronavirus. Des associations crient au scandale. Désormais, un certificat médical ne suffit plus : pas de chômage partiel si l'entreprise garantit la bonne mise en place des gestes barrières et des mesures de protection renforcées. Cette situation génère des tensions entre salariés vulnérables et employeurs.

Obligée de saisir la médecine du travail

Véronique, par exemple, est secrétaire dans un Ehpad. Elle souffre d'obésité, une pathologie particulièrement à risque en cas de contamination au Covid-19. Pourtant son employeur lui demande de venir travailler. "En étant dans un accueil, c'est moi qui rencontre toutes les personnes qui rentrent et qui sortent, s'inquiète Véronique. J'ai du monde autour de moi toute la journée. En tant que personne à risque, vous pouvez faire une forme grave du Covid-19. Et vous pensez au pire : mourir..."

Pour avoir droit au chômage partiel, et donc ne pas se rendre sur son lieu de travail, elle a dû solliciter la médecine du travail qui lui a donné raison. Son bureau n'était en effet pas assez sécurisé. "Pour l'instant je suis en chômage partiel, mais je peux être appelée tous les jours par mon employeur qui peut me dire : 'Ça y est on a mis suffisamment de plexiglas, vous pouvez revenir travailler.' Pour eux je suis parano, je fais du cinéma."

"Si je refuse de retourner à mon poste je risque un licenciement."

Véronique, employée dans un Ehpad

à franceinfo

Le cas de Véronique n'est pas isolé, l'association France assos santé reçoit beaucoup d'appels de personnes vulnérables obligées de se rendre sur leur lieu de travail. "Cette situation amène le salarié à saisir la médecine du travail pour faire valoir ses droits, explique Catherine Simonin, cadre au sein de l'association. Donc automatiquement, il se met en opposition avec son employeur. Si jamais il y a des licenciements économiques dans cette entreprise, la personne vulnérable sera en tête de liste."

Plusieurs associations de malades ont l'intention de déposer un recours contre ce décret devant le Conseil d'État. La juridiction a déjà cassé en octobre un autre décret qui restreignait l'accès au chômage partiel des personnes obèses et des plus de 65 ans.





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