Dimanche en politique, France 3

VIDEO. Philippe Martinez : "La consultation, ce n'est pas un coup de fil un quart d'heure avant de prendre la mesure"

Invité de "Dimanche en Politique" sur France 3, dimanche 27 septembre, le secrétaire général de la CGT Philippe Martinez s'est montré critique vis-à-vis du manque de consultation du gouvernement, notamment sur les mesures restrictives liées à la crise sanitaire.

FRANCE 3

Le secrétaire général de la CGT, Philippe Martinez, était dimanche 27 septembre l'invité de "Dimanche en politique". Le syndicaliste est allé dans le sens des élus qui réclament davantage de consultation de la part de l'État, notamment concernant les dernières restrictions liées à la propagation du coronavirus. "On demande à être consultés mais pas uniquement. Ce que reprochent les élus à Marseille, c'est ce que nous disons, [...] la concertation ce n'est pas un coup de fil un quart d'heure avant de prendre la mesure. C'est discuter, et prendre les avis des uns et des autres", a insisté Philippe Martinez. "La question de fond : c'est pourquoi il y a un tel flou dans la communication du gouvernement ? [...]  On a l'impression que, d'une semaine à l'autre, les règles sont modifiées", a-t-il affirmé. 

L'ancien technicien métallurgiste a également réagi au plan de relance, critiquant la généralisation des exonérations de cotisations patronales : "Les cotisations sociales sont essentielles. Ça fait fonctionner la sécurité sociale. Dans quelques mois, on va nous dire qu'il n'y a plus d'argent pour la santé, pour les retraites, pour le chômage", a-t-il fustigé. Il a par ailleurs demandé à ce "que le plan serve aussi pour les salariés". "Il faut augmenter le SMIC. [...] Deuxièmement, investir dans les services publics. [...] Et puis investir dans des usines", a-t-il ajouté. 

"Il faut améliorer le système des retraites, mais pas avec les propositions du gouvernement" 

Concernant la réforme de l'assurance chômage, dont le deuxième volet doit revenir sur la table à partir de janvier prochain, Philippe Martinez a réaffirmé l'opposition de la CGT au texte sous sa forme actuelle : "Il faut abandonner celle qui était proposée [...] Être au chômage ce n'est pas un choix de vie. Comment on prend en compte le fait que l'on indemnise les chômeurs, notamment les primo-demandeurs d'emploi [...] qui se retrouvent au chômage et qui n'ont rien ? Plus d'un chômeur sur deux ne touche rien. Est-ce que c'est normal ?", a-t-il questionné.

Il en va de même pour la réforme des retraites, pour l'heure suspendue. "Quelle que soit la position du gouvernement sur cette question, on n'a pas changé d'avis. Il faut améliorer le système des retraites, mais pas avec les propositions du gouvernement", a estimé Philippe Martinez.

Le secrétaire général de la CGT a, par ailleurs, réagi au nouveau schéma de maintien de l'ordre, publié par le ministère de l'Intérieur. Le texte prévoit notamment qu'en cas de sommation lors d'une manifestation, les journalistes devront quitter les lieux. Gérald Darmanin "doit faire marche arrière, a affirmé Philippe Martinez, il faut que les journalistes puissent faire leur métier, y compris dans les manifestations. On a bien vu depuis un certain temps qu'il y a des faits qui sont inadmissibles de la part des policiers. [...] Il y a besoin des témoins neutres que sont les journalistes", a assuré Philippe Martinez.

Philippe Martinez, secrétaire général de la CGT, à l\'hôtel Matignon à Paris, le 17 juillet 2020.
Philippe Martinez, secrétaire général de la CGT, à l'hôtel Matignon à Paris, le 17 juillet 2020. (BERTRAND GUAY / AFP)