L'Assemblée nationale vote la revalorisation des retraites des agriculteurs, à partir de 2022

La majorité a choisi de repousser d'un an l'application de la mesure, proposée par les députés communistes. Le texte doit encore être examiné au Sénat.

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France Télévisions
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Un agriculteur laboure un champ près de Laval (Mayenne), le 7 mai 2020. (JEAN-FRANCOIS MONIER / AFP)

Les agriculteurs pourraient voir leur retraite augmenter à partir du 1er janvier 2022. L'Assemblée nationale a voté, jeudi 18 juin, une proposition de loi qui réhausserait le montant des pensions de 75 à 85% du Smic pour une carrière complète. Mais plusieurs points du texte déposé par les communistes, qui doit encore être examiné au Sénat, ont été modifiés par la majorité.

L'application repoussée d'un an par la majorité

Une revalorisation des retraites des agriculteurs était déjà prévu dans le projet de réforme des retraites de l'exécutif, suspendu par la crise du coronavirus, mais les modalités du texte adopté jeudi sont différentes. La majorité a cependant présenté le vote comme une "anticipation" de la réforme gouvernementale, qui pourrait faire son retour.

La proposition de loi prévoit que la mesure s'applique aux retraités futurs, mais aussi actuels. La pension mensuelle brute touchée par les chefs d'exploitation atteint actuellement autour de 953 euros en moyenne pour les hommes, 852 euros pour les femmes. La proposition de loi doit assurer une garantie à 1 025 euros mensuels, soit un gain de 120 euros, pour une carrière complète.

Mais les députés de la majorité ont repoussé l'application de la mesure d'un an, le texte la prévoyant au départ dès 2021. "Si nous pouvons le faire plus tôt, nous le ferons", s'est engagé le secrétaire d'Etat aux Retraites Laurent Pietraszewski, mettant en avant des difficultés techniques pourtant contestées par le président de la Sécurité sociale agricole.

Le nombre de bénéficiaires raboté

Par ailleurs, la mesure prendra finalement en compte l'ensemble des pensions des agriculteurs, avec comme conséquence que ceux disposant d'une autre retraite, du fait d'un emploi annexe, pourraient ne pas être concernés. Le nombre de bénéficiaires potentiels chuterait de 290 000 à 196 000.

Le chef de fil des députés communistes André Chassaigne a déploré une "fausse note", et le groupe LR a dénoncé le fait que la proposition de loi était "vidée de sa substance", appelant à "un acte de justice sociale".

Un agriculteur sur trois a une retraite inférieure à 350 euros par mois, a rappelé André Chassaigne, élu du Puy-de-Dôme. La FNSEA et les Jeunes Agriculteurs, deux syndicats de la profession, ont salué un "pas en avant" qu'ils jugent cependant "pas suffisant", car "la pension minimum reste fixée à 555 euros par mois" pour les conjointes et aides familiaux.

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