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Réforme du code du travail et terrorisme : déjà deux dossiers chauds pour le gouvernement

Réforme du code du Travail, lutte contre le terrorisme ... à peine installé, le gouvernement est attendu sur des dossiers à hauts risques. Explications. 

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Radio France
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Edouard Philippe et Emmanuel Macron, après la "photo de famille" du gouvernement à l'Elysée, à Paris, le 18 mai 2017.  (PHILIPPE WOJAZER / AFP)

Emmanuel Macron a entamé ce mardi 23 mai le dialogue avec les responsables syndicaux et patronaux, préalable à la réforme du code du travail, qu'il souhaite mener rapidement.

La réforme du code du travail : premier grand chantier du gouvernement Macron

"Tout dire avant, pour tout faire après". Cette maxime, François Hollande ne se l'est pas appliquée à lui-même, et il en a payé le prix politique. Cette fois, dans l'entourage d'Emmanuel Macron, on estime que la campagne a été claire, et que le président élu a le feu vert pour réformer. "Si certains syndicats menacent de bloquer son projet dans la rue" explique un ministre. "Ils n'auront pas la même légitimité de combat." 

Le blocage, Emmanuel Macron et ses conseillers l'ont parfaitement intégré dans leur scénario. Mais il y a deux différences avec les années Hollande : la CFDT, plus réformiste, est devenu le premier syndicat de France. Et aux manettes, il y a un juppéiste, Edouard Philippe, qui ne voudra pas reproduire les erreurs de son mentor en 1995.

"Discussion large"

Et puis le Président, dans ses entretiens, n'est pas mono-sujet. La "discussion" est large avec les syndicats. Il aborde aussi la réforme de l'assurance chômage, et sa promesse d'investir 15 milliards d'euros dans la formation professionnelle. Plus de 
flexibilité d'un côté, plus de protection de l'autre.

Quant au calendrier de la réforme, on ne le connaît pas encore précisément. Le gouvernement avait évoqué une réforme élaborée cet été pour une mise en oeuvre à la rentrée. D'après la CGT, Emmanuel Macron aurait finalement décidé de prendre son temps.

La lutte contre le terrorisme, priorité du quinquennat

Autre dossier brûlant pour le gouvernement : la lutte contre le terrorisme. Cette menace permanente, dont Emmanuel Macron parlait comme candidat, et qu'il affronte désormais comme Président. Mardi 23 mai à la mi-journée, il s'en est entretenu avec Theresa May pour soutenir le pays allié, éprouvé par l'attentat survenu lundi soir à Manchester. Le premier communiqué de presse est tombé assez tardivement, peu avant 9 heures mardi matin. Mais une réunion a eu lieu en milieu de matinée, au ministère de l'Intérieur, autour de Gérard Collomb.

Quant au porte-parole du gouvernement, Christophe Castaner, il a été envoyé au front pour répondre aux médias car cet attentat remet un coup de projecteur sur les promesses d'Emmanuel Macron, cette fameuse "task force" qui est encore dans les cartons.

Le candidat En Marche ! avait annoncé la création d'une équipe dédiée, 50 personnes rattachées à Matignon et à l'Elysée, pour éplucher et alerter sur toutes les remontées d'informations issues des différents services de renseignement, 24 heures sur 24.

Un renforcement de l'arsenal 

Autre projet dans les cartons : la cyberdéfense, un quatrième corps d'armée, au niveau européen, pour pousser les géants du numérique à mieux traquer la propagande djihadiste. Emmanuel Macron a aussi promis d'accroître les moyens, de recruter 10 000 personnes - les 3/4 dans la police et 1/4 dans la gendarmerie - sur cinq ans.

Pas de rupture, donc, par rapport aux années Hollande, mais l'idée de renforcer l'arsenal, d'intensifier les frappes au Sahel et au Levant, "aux sources du mal", comme dit un proche du Président.

Son déplacement au Mali, cinq jours après l'investiture, était un symbole. L'objectif était de montrer qu'Emmanuel Macron a parfaitement intégré la sécurité et la lutte anti-terroriste comme priorité de son quinquennat.

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