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Salaires : "L'écart se creuse" entre les femmes et les hommes, "à ce train-là, on aura l'égalité en 2234", selon la fondatrice des Glorieuses

Selon le collectif Les Glorieuses, les femmes "travaillent gratuitement" à partir de mercredi à 9h22 et jusqu'à la fin de l'année du fait des inégalités salariales. Rebecca Amsellem explique que "ce phénomène touche toutes les femmes dans tous les secteurs d'activité".

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Radio France
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Des femmes travaillent sur des semences dans un laboratoire à Beaucouze, le 29 septembre 2017. Photo d'illustration. (LOIC VENANCE / AFP)

"L'écart se creuse" entre les salaires des femmes et des hommes et "à ce train-là, on aura l'égalité en 2234", a indiqué l'économiste Rebecca Amsellem, créatrice de la newsletter féministe Les Glorieuses, mercredi 3 novembre sur France Inter. Selon son collectif, les femmes vont commencer à "travailler gratuitement" du fait des inégalités salariales mercredi à 9h22 précisément et cela durera jusqu'à la fin de l'année.

"En regardant les chiffres d'Eurostat, l'organisme de statistiques européen, on voit que quand on a commencé le mouvement en 2016 l'écart de rémunération était de 15,2% et qu'aujourd'hui il est de 16,5%, donc on se rend compte que cet écart se creuse malgré ce qui est mis en place jusqu'à présent", analyse l'économiste.

"Les femmes sont touchées peu importe le secteur"

Rebecca Amsellem explique que "ce phénomène touche toutes les femmes dans tous les secteurs d'activité. Les écarts de rémunération sont les plus forts dans les postes les mieux payés, mais on voit que les femmes sont touchées peu importe le secteur."

"À poste égal, à expérience égale, les femmes sont moins bien payées que les hommes. C'est un écart de salaire qui est d'environ 10%."

Rebecca Amsellem, Les Glorieuses

à France Inter

La féministe rappelle par ailleurs que les secteurs professionnels considérés comme féminins ou dans lesquels les femmes sont majoritaires - comme le soin et l'éducation - perçoivent des salaires plus faibles que les secteurs dits masculins.

Elle balaie l'idée que les femmes gagneraient moins car elles n'oseraient pas demander d'augmentation, précisant que "des études ont montré que les femmes demandent des augmentations de salaire mais on leur refuse davantage qu'aux hommes. Est-ce qu'il y a un biais sexiste là-dessous ? On ne peut pas l'expliquer, mais le constat est là". Elle trouve malheureux qu'il n'existe pas davantage de politiques publiques pour soutenir un système égalitaire en France.

Le collectif Les Glorieuses a créé le mot-dièse #3Novembre9h22 pour alerter sur ces inégalités aujourd'hui. Il a aussi interpellé directement les candidats à l'élection présidentielle - de tous les partis sauf d'extrême droite - pour leur faire part de ses propositions pour réduire les inégalités salariales, à savoir la création d'un congé parental à partager entre les deux parents, le conditionnement de l'accès au marché public, aux subventions publiques et au prêt garanti par l'État à l'égalité salariale dans les entreprises demandeuses et la revalorisation des salaires des secteurs d'activité dits féminins.

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