Déficit public : les collectivités locales refusent de voir leurs moyens rabotés

Les représentants des régions, des départements, des communes et intercommunalités ont été reçus mardi à Bercy pour discuter d'éventuelles économies dans leurs budgets 2025.
Article rédigé par franceinfo avec AFP
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Le ministère de l'Economie, des Finances et de la Souveraineté industrielle et numérique à Paris, le 29 mars 2024. (XOSE BOUZAS / HANS LUCAS / AFP)

"Nous avons déjà largement donné." Les collectivités locales ont fait savoir au ministre de l'Economie Bruno Le Maire, mardi 9 avril, leur opposition à voir leurs moyens diminuer pour aider le gouvernement à maintenir sa trajectoire de réduction du déficit. Les représentants des régions, des départements, des communes et intercommunalités ont été reçus à Bercy pour discuter d'éventuelles économies dans leurs budgets 2025, le tout dans une ambiance "courtoise" mais "qui n'a pas fait avancer les sujets essentiels", a déclaré à la presse André Laignel (PS), président du Comité des finances locales.

Pour que le déficit de la France puisse revenir sous 3% du PIB d'ici à 2027, le gouvernement a estimé qu'environ 20 milliards d'euros d'économies devront être réalisées en 2025. Contrairement aux 10 milliards d'économies en 2024, ces coupes concerneront aussi les dépenses sociales et celles des collectivités territoriales.

Selon André Laignel, Bruno Le Maire a demandé aux collectivités de réduire de 0,5% par an en volume leurs dépenses de fonctionnement : un objectif de la loi de programmation des finances publiques 2023-2027, que le ministre voudrait désormais impératif. Bruno Le Maire devrait transmettre aux collectivités "une proposition de calendrier de travail" et proposer une nouvelle réunion "d'ici deux mois", ont fait savoir plusieurs participants de cette réunion. 

"Hors de question de stigmatiser les collectivités locales"

"En aucun cas, nous ne saurions acter" la réduction des dépenses de fonctionnement, s'est insurgé André Laignel. Cela représenterait, selon ce dernier, une "ponction de 15 milliards d'euros" sur cinq ans, soit une somme "considérable" et "totalement hors d'atteinte", "compte tenu des difficultés évidentes des collectivités territoriales". Les collectivités territoriales ont déjà vu leurs moyens diminuer ces dernières années, via la suppression d'impôts locaux décidée par le gouvernement, mais aussi la baisse de leur dotation globale de fonctionnement.

Du côté des départements, même constat : rogner sur leurs dépenses de fonctionnement, "je pense très honnêtement que c'est impossible", a dit à l'AFP Jean-Léonce Dupont, président centriste du conseil départemental du Calvados. Selon lui, cet objectif de -0,5% n'a par ailleurs "aucun sens", dans un contexte où "70% des dépenses de fonctionnement des départements sont non pilotables".

Aucune piste concrète d'économies n'a "été esquissée", a de son côté regretté Carole Delga (PS), présidente de l'association Régions de France. Les régions sont "prêtes à travailler" avec le gouvernement sur "la bonne utilisation de l'argent public", mais "il est hors de question de passer par une stigmatisation des collectivités locales", à qui on reprocherait d'être "dépensières", selon elle.

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