Vidéo Croissance : "Les derniers chiffres confirment une reprise forte de l'économie française", assure le gouverneur de la Banque de France

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Selon François Villeroy de Galhau, le "frein numéro 1 de l'économie française", c'est la difficulté à recruter.

"Les derniers chiffres confirment une reprise forte de l'économie française, a déclaré François Villeroy de Galhau, gouverneur de la Banque de France, mardi 19 octobre sur franceinfo. "Tous les secteurs vont bien".

"Nous venons de publier ce que nous disent d'abord les consommateurs, l'enquête de commerce de détail et elle montre sur le mois de septembre, une hausse de 3 % et on a retrouvé les niveaux historiques d'achat. Et puis, nous interrogeons aussi les entreprises de l'autre côté sur leur niveau d'activité. 8 500 entreprises. Et on est presque revenu à 100 % d'activité, c’est-à-dire le niveau pré-covid", a détaillé le gouverneur de la Banque de France.

Pour résoudre le problème du recrutement, "on connaît les instruments"

Plutôt optimiste sur les prévisions de croissance, il pointe deux difficultés, l'approvisionnement et de recrutement. Sur les difficultés d’approvisionnement, avec la montée des cours des matières premières et de l'énergie, "il y a un seul secteur industriel qui ralentit aujourd'hui à cause de ça, c'est le secteur automobile. Il y a aussi des difficultés d'approvisionnement dans l'industrie et le bâtiment, mais ça ne pèse pas sur l'activité".

Ensuite, sur les difficultés de recrutement, un problème qu'il soulève régulièrement, c'est "le frein numéro un de l'économie française".

"Nous avons à la fois plus de la moitié des entreprises (53 %) qui nous disent qu'elles ont des difficultés de recrutement alors que nous gardons malheureusement un chômage trop élevé."

François Villeroy de Galhau, gouverneur de la Banque de France

à franceinfo

 "C'est un paradoxe socialement et économiquement inacceptable", juge celui qui a pris les rênes de la Banque de France en 2015. "Il faut qu'on développe la formation. Il faut qu'on développe l'attractivité du travail. Dans certains secteurs, il  faut augmenter les salaires. Il y a la question de la réforme de l'assurance chômage. Et puis, il faut qu'on développe l'emploi des jeunes et des seniors. On emploie beaucoup moins que les pays voisins. Donc, il y a une boîte à outils, on connaît les différents instruments. Si j'ai un souhait, c'est que l'on additionne ces différents instruments pour résoudre le problème numéro 1 de l'économie", poursuit-il.

D’un point de vue européen, "la France a un peu plus souffert que ses voisins européens du premier confinement. Depuis, elle rattrape plutôt mieux que ses voisins européens. Quand vous regardez sur la ‘photo finish’ aujourd'hui, tout le monde est à peu près sur la même ligne officielle", assure-t-il. Cela signifie "qu'en France comme en zone euro, nous aurons rattrapé le niveau d'activité pré-covid d'ici la fin de l'année, c'est-à-dire un peu plus tôt que ce qu'on imaginait il y a encore quelques mois." "Le danger que nous avons à moyen terme, c'est qu'on retrouve un niveau de croissance un peu faiblard, autour de 1,25%. Nous devons viser 2% par an", souligne François Villeroy de Galhau. 2% par an, "ça change tout sur le pouvoir d'achat et les revenus, sur la capacité à gérer la dette publique et pour aller vers le plein emploi". "Il n'y a pas de réforme plus urgente dans notre pays que celles qui augmentent l'offre de travail disponible pour les entreprises".

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