VIDEO. Bonus : les banquiers exagèrent-ils ?

Le ministre de l'Economie,  Arnaud Montebourg, somme les responsables des banques françaises de s'expliquer sur la hausse de leurs rémunérations. 

Cyril Zha, Alain Locascio / France 2

"On ne peut pas avoir un système bancaire défaillant et des rémunérations et des profits qui s'envolent dans des proportions qui sont à nos yeux disproportionnées." Arnaud Montebourg a réclamé, le 17 avril, des explications aux banquiers.

Les associations de clients dénoncent les bonus

Dans le collimateur du ministre de l'Economie, la part variable, c'est-à-dire les bonus accordés aux dirigeants de grandes banques françaises en fonction des résultats. Le patron du Crédit agricole, Jean-Paul Chifflet, par exemple, a gagné 900 000 euros de salaire annuel fixe en 2013, mais sa part variable porte sa rémunération à près de 2 millions d'euros. Même constat pour Frédéric Oudéa, de la Société générale : son salaire fixe est d'un million d'euro, mais sa part variable est de plus de 1,7 million d'euros. Des sommes qui ne sont pas choquantes selon certains analystes, interrogés par France 2, puisque ces banques ont amélioré leurs résultats en 2013. 

Mais pour les associations de clients, ces augmentations ont du mal à passer. Pour Serge Maître, de l'Association des usagers des banques, "le scandale de la distribution de tels bonus", c'est que dans le même temps "sont annoncés des plans de licenciements collectifs et alors même que les banques n'ont jamais distribué aussi peu de crédits"

 

Un bon nombre de dirigeants de grandes banques françaises ont vu leurs bonus augmenter en 2014. 
Un bon nombre de dirigeants de grandes banques françaises ont vu leurs bonus augmenter en 2014.  (UGURHAN BETIN / VETTA / GETTY IMAGES)