Suppression de 1 200 postes à La Redoute, une "douche froide" pour les syndicats

Les futurs repreneurs annoncent aussi que les départs contraints seront inférieurs aux 672 du dernier plan social, en 2008.

Des employés de La Redoute manifestent pour protester contre la suppression possible de 700 emplois, le 7 novembre 2013 à Lille (Nord).
Des employés de La Redoute manifestent pour protester contre la suppression possible de 700 emplois, le 7 novembre 2013 à Lille (Nord). (DENIS CHARLET / AFP)

Les futurs repreneurs de La Redoute, Nathalie Balla et Eric Courteille, annoncent jeudi 9 janvier qu'ils prévoient la suppression de 1 178 postes sur quatre ans, mais que les départs contraints seront inférieurs aux 672 du dernier plan social, en 2008.

Selon un décompte de l'entreprise, à la fin du mois d'octobre 2013, La Redoute, l'un des leaders français de la vente à distance, emploie 3 437 salariés, dont 2 656 en France.

"Restreindre au maximum le nombre de départs contraints"

"On a un impact de 1 178 postes sur les quatre ans, en termes de réductions de postes. Mais nous privilégierons des mesures d'âge, les pré-retraites et les plans de départs volontaires, afin de restreindre au maximum le nombre de départs contraints. Il serait significativement en dessous de celui du plan de 2008, qui était de 672", déclare Nathalie Balla, l'actuelle PDG de La Redoute. Elle précise que Kering, son actuel propriétaire, contribuerait à hauteur de 315 millions d'euros à la "transformation économique" de l'entreprise.

"On va entrer en discussions avec les partenaires sociaux. Il y a deux piliers importants : les départs à la retraite et un plan de départs volontaires. (...) Mais on s'engage là-dessus : le nombre de départs contraints sera inférieur à celui de 2008", confirme Eric Courteille, secrétaire général de Redcats, maison mère de La Redoute et de Relais Colis. Kering, qui détient La Redoute depuis 1994 et a choisi le 4 décembre 2013 d'entrer en négociations exclusives avec Nathalie Balla et Eric Courteille pour la cession de l'entreprise, financera la "transformation économique et industrielle" de La Redoute à hauteur de 315 millions d'euros, ont ajouté les futurs repreneurs.

Retour à l'équilibre prévu pour 2017

Le plan d'affaires présenté au comité d'entreprise prévoit notamment l'investissement de "près de 50 millions d'euros dans la création d'un outil logistique" et "plus de 30 millions d'investissements dans le secteur informatique pour accompagner l'accélération de la modernisation" de l'organisation de l'entreprise, détaille Nathalie Balla, ajoutant qu'elle table sur un retour à l'équilibre pour 2017. Eric Courteille prévient qu'il y aura encore "des pertes intercalaires", La Redoute perdant "plusieurs dizaines de millions d'euros depuis plusieurs années". "Il y a deux aspects dans le financement [de Kering], d'une part la transformation économique et industrielle de l'entreprise et l'exploitation future, à hauteur d'environ 315 millions d'euros, et d'autre part les mesures sociales garanties dans une fiducie", précise Eric Courteille.

C'est par l'intermédiaire de cette fiducie que Kering financera notamment les départs en pré-retraite. "Ce seront des montants très importants", assure Eric Courteille. Nathalie Balla et Eric Courteille pourraient officiellement prendre les rênes de La Redoute à la mi-avril, après des "procédures d'information-consultation sur le projet de cession", qui "s'ouvriront les 15 et 16 janvier", selon La Redoute.

Une "douche froide" pour les syndicats

"L'état d'esprit aujourd'hui, c'est l'effondrement", souffle Jean-Claude Blanquart, délégué syndical CFDT, qui se "demande comment on va pouvoir gérer des chiffres aussi importants de suppressions de postes". Nordine Ouali, du même syndicat, est amer : "Ils nous ont toujours dit qu'il allait y avoir un plan social équivalent à celui de 2008. Ils ont menti jusqu'au bout."

Fabrice Peeters, de la CGT, évoque "une grosse douche froide". Certains salariés "se demandent s'ils ne vont pas cesser le travail parce que l'annonce est tellement fracassante, tellement assommante", raconte le délégué syndical.