A Mayotte, la justice autorise la reprise de l'opération Wuambushu

Après plus de trois semaines de suspension, la liaison maritime entre Mayotte et les Comores a repris, mercredi. Une vingtaine de Comoriens en situation irrégulière en France ont rallié l'île d'Anjouan.
Article rédigé par franceinfo avec AFP
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Le bidonville de Kaweni, près de Mamoudzou (Mayotte), le 26 avril 2023. (PATRICK MEINHARDT / AFP)

L'opération Wuambushu relancée à Mayotte. La justice a ouvert la voie mercredi 17 mai à la destruction d'un important bidonville. Dans un arrêt consulté par l'Agence France-Presse, la chambre d'appel de Mayotte a donné raison à l'Etat dans sa volonté de démolir l'habitat insalubre de Talus 2, un quartier informel de la commune de Koungou où vivent une centaine de familles.

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Le 24 avril, alors que démarrait une série d'interventions de police regroupées sous le nom de Wuambushu ("reprise" en mahorais), le tribunal judiciaire de Mamoudzou, saisi en urgence, avait suspendu l'évacuation du bidonville. Le juge des référés avait notamment estimé que la démolition des habitats visés mettrait "en péril la sécurité" des autres habitants, dont les logements seraient fragilisés.

Désaccords avec Moroni

La chambre d'appel de Mayotte a infirmé mercredi cette ordonnance en jugeant qu'"en dehors de leur statut d'occupant", les requérants n'avaient "justifié d'aucun élément qui permette d'établir la réalité du droit de propriété qu'ils estiment atteint". La chambre estime également que ce litige est de la compétence du tribunal administratif, qui avait déjà donné raison le 13 mai à la préfecture. La juridiction d'appel "relève" en outre "le non-respect des droits de la défense, c'est-à-dire de l'Etat", s'est félicité sur Twitter le ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin.

Quelques heures avant cette décision, la liaison maritime avec les Comores a repris, après plus de trois semaines de suspension. Une vingtaine de Comoriens en situation irrégulière en France ont rallié l'île d'Anjouan, selon le Collectif des citoyens de Mayotte.

Le gouvernement de Moroni a prévenu lundi qu'il n'accueillerait que les Comoriens en situation irrégulière volontaires pour rentrer au pays. Le Collectif des citoyens de Mayotte a dénoncé cette décision et appelle, depuis deux semaines, au blocage des accès au Centre hospitalier de Mamoudzou et à d'autres établissements de soins de l'archipel.

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