Déficit, chômage... les prévisions guère optimistes de Bruxelles pour la France en 2014 et 2015

La Commission européenne estime que le déficit public français va atteindre 4% en 2014 et 3,9% en 2015, toujours bien au-delà de l'objectif des 3%.

Le ministre de l\'Economie, Pierre Moscovici, se rend à l\'Elysée, à Paris, le 31 juillet 2012.
Le ministre de l'Economie, Pierre Moscovici, se rend à l'Elysée, à Paris, le 31 juillet 2012. (CITIZENSIDE / ZAER BELKALAI / AFP)
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Croissance en faible hausse, déficit toujours trop élevé. C'est ce que prévoit la Commission européenne (pdf en anglais) pour l'économie française en 2014 et 2015, mardi 25 février. Et dans le détail, voici ce que Bruxelles entrevoit pour l'Hexagone :

Un déficit qui va encore s'aggraver 

La Commission maintient ses prévisions pessimistes concernant le déficit public à 4% du PIB en 2014 et 3,9% en 2015, toujours bien au-delà de l'objectif des 3% avec lequel la France bataille depuis des mois. Dans les prévisions de l'automne, les chiffres s'établissaient à 3,8% et 3,7%. 

En 2015, échéance à laquelle la France s'est engagée à ramener son déficit sous la limite européenne de 3%, l'exécutif européen attend donc 3,9%. Cette prévision s'entend à politique inchangée, alors que le gouvernement souhaite réaliser un effort de redressement des comptes supérieur à 15 milliards d'euros.

Conséquence : le niveau de la dette publique par rapport au PIB devrait, selon la Commission, continuer à augmenter pour atteindre 96,1% en 2014 et 97,3% en 2015, après 93,9% en 2013.

Une reprise économique moins rapide que la moyenne

La croissance, très modeste l'an dernier, reprendra un peu de vigueur en 2014, à 1%, et surtout en 2015, à 1,7%, en ligne avec celle de la zone euro. Pour la Commission, elle sera alimentée par une "timide reprise de la demande intérieure, sur fond d'amélioration de la confiance"

Après un ralentissement au premier trimestre de cette année, l'économie française accélèrerait, dans un premier temps grâce à une demande extérieure plus importante, relayée par une consommation privée soutenue par une amélioration de la confiance, et enfin par l'investissement des entreprises. La Commission estime que la consommation, moteur traditionnel de la croissance française, devrait accélérer pour croître de 0,6% cette année et de 1,6% en 2015, expliquant largement la croissance du PIB. Cette progression se ferait notamment grâce à l'amélioration de la confiance liée à la stabilisation attendue du chômage. 

L'économie française croîtrait cependant moins rapidement que la moyenne de la zone euro cette année (1,2%) comme l'an prochain (1,8%) et que celle de l'Union européenne (1,5% en 2014 et 2,0% en 2015).

Une stabilisation du chômage 

Le taux de chômage devrait se stabiliser en 2014 et 2015, à 11% de la population active, après 10,8% en 2013, des prévisions plus favorables que celles de novembre. La Commission attendait à l'époque un taux de chômage à 11,2% en 2014 et 11,3% en 2015, après 11% en 2013.

Le crédit d'impôt compétitivité emploi devrait, selon elle, avoir progressivement un impact positif sur la situation financière des entreprises. "Cependant, l'impact complet de cette mesure sur l'investissement peut mettre du temps à se matérialiser", écrit la Commission. Le futur pacte de responsabilité promis aux entreprises par François Hollande n'est pas pris en compte dans ces prévisions, précise-t-elle, car il n'est pas suffisamment documenté.

En 2014, les employeurs devraient préférer augmenter la productivité qu'embaucher, écrit la Commission, et l'impact complet des mesures d'amélioration du fonctionnement du marché du travail ne devrait être visible qu'en 2015. Seul l'emploi aidé dans le secteur public devrait améliorer l'emploi global cette année.