Vols de carburants : les magouilles des siphonneurs

Face à la hausse des prix des carburants, certaines personnes se sont lancées dans un trafic d’essence. Avec de lourdes conséquences au bout.

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Kévin a 21 ans et a donné rendez-vous aux équipes de "Complément d’enquête". Ouvrier, il explique pourquoi il a décidé de voler de l’essence et sa démarche. "C’est une petite résidence, ils ont de l’argent. Dans cinq minutes t’es parti, tes bidons sont remplis, ta voiture est remplie et voilà."

Pour lui, la justification est simple : son SMIC ne lui permet plus de payer son essence pour se rendre sur les chantiers. Du coup, il a franchi la ligne rouge il y a quelques mois. Et sa cible favorite, ce sont les voitures haut de gamme. "Là, y a la trappe. Normalement il faut un tournevis, tu regardes si c’est inscrit diesel ou essence, tu vas en dessous, t’as tes bidons et puis je perce les réservoirs. Et pour que ça aille plus vite, tu le perces, comme ça, ça te fait un appel d’air. Il doit y avoir 60-70 litres, c’est intéressant, tu roules toute la semaine pour aller travailler."

Des familles entières impliquées

Ils sont devenus ce qu’on appelle des "siphonneurs". Mais en juin dernier, ce fut la casse de trop, Kévin a été repéré par un voisin et arrêté. En tout, il aura percé 32 réservoirs. "C’est un engrenage, les trucs volés ou gratuits c’est toujours facile".

Mais pour les victimes, ce sont parfois seulement 5 litres seulement de volés, mais quand même 1 000 euros de frais parce qu’il faut changer le réservoir. Au procès, cet homme a découvert des gens de la société normale. "Ils faisaient plus pitié qu’autre chose", dit-il.

Bien loin de là, une femme infirmière de 46 ans et ses fils sont passés devant la justice. Ils lui mettaient de l’essence dans sa voiture "en cachette" explique-t-elle. Si le tribunal a été clément, les dommages et intérêts demandés pourraient être très lourds.

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