Renault soupçonne Carlos Ghosn d'avoir profité pour son "bénéfice personnel" d'un partenariat avec le château de Versailles

Le constructeur automobile veut porter à la connaissance de la justice des informations qui pourraient concerner le mariage de Carlos Ghosn, célébré au château de Versailles, en 2016.

Carlos Ghosn, ancien PDG de Renault, à Maubeuge, le 8 novembre 2018.
Carlos Ghosn, ancien PDG de Renault, à Maubeuge, le 8 novembre 2018. (LUDOVIC MARIN / AFP)

Le constructeur a-t-il payé malgré lui le mariage de Carlos Ghosn ? Renault a annoncé, jeudi 7 février, qu'il allait signaler à la justice qu'un versement de 50 000 euros "dans le cadre d'une convention de mécénat signée avec le château de Versailles" avait "été affectée au bénéfice personnel de monsieur Ghosn". Le constructeur automobile "a décidé de porter ces faits à la connaissance des autorités judiciaires", indique-t-il dans un communiqué. Ce signalement aura lieu auprès du parquet de Nanterre dans les jours à venir, a appris franceinfo de source proche du dossier.

"Les éléments réunis jusqu'ici nécessitent que des vérifications supplémentaires soient menées", estime Renault. Comme le révélait Le Figaro, Renault a découvert que le château de Versailles avait comptabilisé la location du Grand Trianon, soit une prestation évaluée à 50 000 euros, comme une contrepartie du contrat de mécénat signé entre les deux partenaires en juin 2016. La réception en grande pompe pour le mariage de Carlos Ghosn avec sa seconde épouse, en octobre 2016, est a priori un événement privé, sans lien avec le mécénat de Renault. Selon Le Figaro, une facture de la société ayant organisé le mariage indique que la location du Trianon a été "offerte par Versailles", laissant supposer que le cadeau a été fait directement à Carlos Ghosn et rendant la situation complexe à interpréter.

Ces découvertes ont été faites dans le cadre des investigations lancées par Renault en interne en novembre, peu après l'arrestation de son ancien patron au Japon. Carlos Ghosn, emprisonné et inculpé pour abus de confiance présumé, a démissionné fin janvier de son poste de PDG de Renault. Il avait été démis de la présidence du conseil d'administration de Nissan et Mitsubishi peu après son arrestation en novembre.