Carlos Ghosn retourne en prison après sa nouvelle interpellation, ce matin au Japon

L'ancien patron de Renault et Nissan se trouvait à son domicile à Tokyo, où il était assigné à résidence, quand il a été interpellé pour de nouveaux soupçons de malversations financières

Carlos Ghosn, à la sortie du bureau du procureur à Tokyo (Japon), le 6 mars 2019.
Carlos Ghosn, à la sortie du bureau du procureur à Tokyo (Japon), le 6 mars 2019. (KENTARO AOYAMA / YOMIURI / AFP)

Carlos Ghosn retourne en prison. L'ancien PDG de Renault et Nissan a de nouveau été interpellé, jeudi 4 avril, à son domicile de Tokyo (Japon), où il était assigné à résidence. Cette arrestaton, la quatrième, repose sur de nouveaux soupçons de malversations financières. Selon les informations de franceinfo, Carlos Ghosn va à nouveau être incarcéré.

Dans une déclaration transmise à l'AFP, l'homme d'affaire a jugé cette arrestation "révoltante et arbitraire".

Déjà sous le coup de trois inculpations pour déclarations inexactes de revenus entre 2010 à 2018, dans des documents remis par Nissan aux autorités financières, et pour abus de confiance, Carlos Ghosn avait été libéré le 6 mars, moyennant le paiement d'une caution d'un milliard de yens (8 millions d'euros).

Des fonds de Nissan pour acheter un yacht ?

Il est à présent soupçonné d'avoir utilisé la "réserve du PDG" de Nissan pour des transferts d'argent de plus de 30 millions de dollars à un distributeur de véhicules Nissan à Oman, montants dont une partie lui serait revenue indirectement, selon une source proche du dossier.

Il est soupçonné d'avoir utilisé ces fonds pour acheter un yacht et investir dans une société dirigée par son fils aux Etats-Unis. Des flux financiers similaires ont été signalés ces derniers jours par Renault à la justice française, à l'issue d'une enquête interne du constructeur.

Une conférence de presse était prévue

"Pourquoi venir m'arrêter alors que je n'entravais en rien la procédure en cours, sinon pour me briser ?", s'interroge l'ancien patron, dans une déclaration à l'AFP. "Je suis innocent de toutes les accusations infondées portées contre moi et des faits qui me sont reprochés", a-t-il ajouté. Son avocat Junichiro Hironaka s'est lui aussi insurgé contre cette interpellation :

Nous ne comprenons pas pourquoi ils ont besoin de le placer en détention. C'est extrêmement injuste.Junichiro Hironakacité par l'AFP

Ce nouveau rebondissement dans un interminable feuilleton, qui s'est ouvert le 19 novembre avec l'arrestation surprise de celui qui était alors le tout-puissant PDG de l'alliance automobile Renault-Nissan-Mitsubishi Motors, intervient alors même qu'il avait décidé de prendre la parole pour la première fois depuis sa sortie de prison. Carlos Ghosn, 65 ans, avait annoncé mercredi sur Twitter, de façon impromptue, qu'il prévoyait une conférence de presse le 11 avril.