Variant Omicron : "Si les mesures d'interdiction continuent, ce sera un désastre pour le transport aérien", alertent les professionnels du secteur

Plusieurs pays dont la France ont déjà suspendu leurs liaisons aériennes avec l'Afrique du Sud depuis la découverte du variant Omicron.

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Radio France
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Des voyageurs passent devant un tableau d'affichage, montrant de nombreux vols annulés, à l'aéroport OR Tambo International de Johannesbourg en Afrique du Sud.  (PHILL MAGAKOE / AFP)

"Si les mesures d'interdiction continuent, ce sera un désastre pour le transport aérien", réagit l'ancien directeur général de l'Association internationale du transport aérien (IATA) Alexandre de Juniac dimanche 28 novembre sur franceinfo, alors que plusieurs pays dont la France ont déjà suspendu leurs liaisons aériennes avec l'Afrique du Sud où le variant Omicron a fait son apparition et des cas ont déjà été détectés dans plusieurs pays.

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franceinfo : L'arrivée du variant Omicron représente-t-elle une nouvelle inquiétude pour le secteur aérien ?

Alexandre de Juniac : Ce n'est pas une bonne nouvelle pour le secteur aérien qui était sur la pente lente du redémarrage. Les chiffres du trafic aérien sont à 70% de ce qu'ils étaient en 2019 pour les liaisons court et moyen-courrier, et encore très très en retard pour le long-courrier. Par exemple, l'Atlantique Nord, qui est une route extrêmement dense pour les compagnies aériennes, n'a repris que début novembre. Ce fût une énorme convalescence et elle est frappée d'une manière inattendue et difficile.

Que penseriez-vous si le trafic aérien venait de nouveau à être suspendu ?

Je pense qu'il faut prendre ces mesures de précautions mais qu'il ne faut pas en surestimer les effets. Il faut continuer les politiques de vaccination, de tests, de gestes barrières dans chacun des pays. Le fait de limiter l'expansion du virus en suspendant toute liaison, qu'elle soit aérienne ou maritime ou terrestre, n'a jamais prouvé son efficacité. Pour l'instant, on n'a jamais empêché la propagation des variants en faisant cela. Ce qu'il faut savoir, c'est que voler en avion est très sûr, notamment en matière de transmission de virus, cela a été démontré cinquante fois, pourvu qu'on respecte les gestes barrières et toutes les mesures de précaution. Si quelqu'un a été contaminé avant de prendre l'avion et qu'il n'a pas été repéré par une procédure de tests, il va ramener le virus dans le pays de destination, oui. Mais l'avion n'est pas un endroit où l'on se contamine.

Quelles seraient les conséquences économiques et sur l'emploi d'une suspension des vols ?

Il est certain que si les mesures d'interdiction continuent, ce sera un désastre pour le transport aérien. Jusque-là, le secteur a été sauvé grâce à l'intervention très vigoureuse et très rapide des États qui ont mobilisé des moyens considérables et d'ailleurs les compagnies en sont extrêmement reconnaissantes. Et donc, si les mesures de suspension continuent, il faudra que les États continuent à aider le secteur, sinon on assistera à la disparition de compagnies supplémentaires comme c'est déjà arrivé. Il y a eu des conséquences sur l'emploi, très importantes, qui ont commencé dès l'année 2020 et en 2021, et puis elles se sont stabilisées tandis que les mesures de soutien entraient en œuvre et que le trafic commençait à reprendre. Maintenant, si le trafic devait de nouveau être suspendu il y aurait probablement encore des conséquences importantes sur l'emploi, malheureusement.

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